SpaceX a réussi à faire décoller sa fusée Falcon 9 puis à faire revenir sur Terre son lanceur. Un exploit qui relance la course pour le marché des fusées réutilisables.

Nouvelle avancée dans la conquête de l'espace. Dans la nuit du 21 au 22 décembre, la société SpaceX a fait décoller sa fusée Falcon 9 de Cap Canaveral, en Floride. Après quelques minutes, le premier étage de la fusée, le lanceur, s’est détaché à 200 km d’altitude. Il est ensuite revenu atterrir sur Terre en douceur.

La partie supérieure de la fusée a, quant à elle, continué son ascension vers l’espace pour placer onze satellites en orbite basse autour du globe terrestre.

 

 

L'entreprise américaine avait tenté à plusieurs reprises, jusque-là sans succès, de faire atterrir le lanceur sur une plateforme en mer. Récupérer le premier étage de ses fusées Falcon 9 permettra à Space X d'effectuer de substantielles économies à l'avenir.

Une rivalité sans merci avec Blue Origins

La réutilisation des lanceurs et donc la réduction des coûts est devenu le nouvel objectif de la course à l’espace. À terme, "ce sera comme ravitailler un 747" a promis le patron de SpaceX, Elon Musk, la semaine dernière lors d' une conférence de l'American Geophysical Union. Mais le milliardaire n'est pas seul sur le coup. La société Blue Origin de Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, avait lancé les hostilités en réussissant un exploit similaire le 23 novembre dernier avec la fusée New Shepard.

Jeff Bezos ne s'est d'ailleurs pas privé pour se moquer sur Twitter du retard de SpaceX !

 

 

Sur les réseaux sociaux, les internautes ont à leur tour recadré le PDG de Blue Origin, en soulignant notamment la complexité du modèle envoyé par SpaceX en comparaison de celui déployé par la société de Jeff Bezos le mois dernier.

 

 

 

 

Des objectifs différents

Certes, les deux entreprises regardent dans la même direction : l’espace. Mais leurs objectifs, tout comme les moyens utilisés, restent très différents.

D’un côté, SpaceX veut gagner de l’argent en lançant des satellites pour le compte de compagnies privées ou en ravitaillant la station spatiale internationale. Un partenariat a d’ores et déjà été établi avec la Nasa pour l’envoi d’astronautes sur la station à partir de 2017.

Blue Origin vise de son côté le développement du tourisme spatial. Sa fusée est conçue pour transporter six personnes dans une orbite beaucoup plus basse que celle atteinte par SpaceX. L'objectif : faire ressentir aux touristes de l'espace l'absence de gravité durant une dizaine de minutes.

En raison de cette différence profonde, les experts ont jugé l'exploit de SpaceX bien plus impressionnant que celui réalisé par Blue Origin en novembre dernier. Le lanceur est allé deux fois plus haut et possédait une mécanique bien plus complexe.

Mais la course à l'espace est un marathon et non un sprint. Comme son tweet laisse deviner, Jeff Bezos ne devrait pas en rester là.