Les brasseries responsables remplacent une partie du mal essentiel à la bière par du pain qui était destiné à la poubelle.

Tous les jours, "des quantités industrielles de pain sont jetées dans le monde et les associations d'aide alimentaire ne peuvent distribuer tout le pain qui leur est offert", constate Tristram Stuart, le fondateur de l'association Feedback. C'est devant ce gâchis monumental que le Britannique a eu l'idée d'utiliser l'aliment mis au rebut comme remplacement partiel du malt, ingrédient phare de la bière.

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"J'ai voulu créer une entreprise qui associe des fournisseurs et des brasseurs locaux, ainsi que des associations caritatives locales", raconte Tristram Stuart. La "Toast ale", breuvage doré constitué d'eau, de levures et d'houblon, est née. Fabriquée à Wold Top, une brasserie située près de Driffield, dans le nord de l'Angleterre, la bière éco-responsable tire son goût des tranches de pain "qui viennent directement d'une usine de sandwichs qui n'utilise que les tranches moelleuses et met de côté les extrémités du pain, peu prisées des consommateurs", explique Sciences et Avenir.

But : démocratiser la recette

Outre-Manche, près de 10 tonnes de pain ont déjà été mises à profit pour la production de plus de 300 000 bières. L'association Feedback les propose sous quatre types : deux Lagers, une Pale ale et une India Pale Ale, toutes vendues entre 2,5 et 3 livres la bouteille (soit 3 ou 4 euros), "un prix qui se situe dans la norme pour les bières artisanales", fait remarquer Sciences et Avenir.

Les Britanniques ne sont pas les seuls à s'être lancés dans cette aventure. Les Belges du "Brussels beer project" proposent également une bière brassée à partir de pain frais recyclé, la Babylone, en référence aux anciens Babyloniens qui ont inventé la bière pour réutiliser leur pain.

Pour poursuivre les efforts contre le gaspillage alimentaire, notamment au Royaume-Uni où 44 % du pain produit finit à la poubelle, Tristram Stuart aimerait créer une licence Toast, afin de permettre à n'importe quel brasseur dans le monde de se saisir de la recette et travailler avec des fournisseurs d'invendus de pain locaux. Mais à terme, le mieux serait évidemment de ne plus avoir à fabriquer de telles bières. "Le jour où le pain ne sera plus jeté à la poubelle, Toast ale n'aura plus de raison d'être", espère-t-il paradoxalement.

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