La start-up britannique Pentatonic se sert des détritus pour créer des meubles d'intérieur. Écrans de smartphone, bouteilles en plastique, mégots de cigarette, tout est bon pour créer de la vaisselle ou des chaises.

Transformer le fond de nos poubelles en trésors n’est pas un concept nouveau, depuis qu’on voit fleurir des sacs à dos faits de vieilles voitures, des tasses à café en café et de la bière brassée à base de pipi humain. Mais Pentatonic, une nouvelle start-up cherche elle aussi à donner une seconde vie à nos ordures les plus modernes – des mégots de cigarette aux smartphones – pour créer des éléments de mobilier design.

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L'entreprise de design Pentatonic a été créée par Jamie Hall et Johann Boedecker, ses deux actuels PDG. Leur mission principale ? "Guider le monde vers l’économie circulaire", explique Jamie Hall à Mashable. "Nous avons été unis par notre frustration commune de voir cette abondance de détritus et l'absence de solutions dynamiques et design".

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PENTATONIC

Les deux jeunes entrepreneurs ne sont pas tant énervés par la masse d'ordures produite chaque année que par le fait que ces matériaux sont sous-exploités. D'après le site de la start-up, plus de 480 millions de bouteilles en plastique ont été achetées autour du monde en 2016 – soit une sacrée quantité de plastique pouvant ensuite être réutilisé pour d'autres usages.

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Les PDG de Pentatonic, Jamie Hall et Johann Boedecker.
PENTATONIC

En travaillant avec des entreprises européennes de gestion des déchets, Pentatonic identifie les matériaux qui peuvent être utiles dans la construction des meubles et objets design.

L'entreprise utilise par exemple le polyéthylène (PET) que l'on trouve dans les bouteilles en plastique. Le prolypropylène, qu'on trouve dans les bouteilles de lait et couvercles de gobelets, est assez résistant et capable de tenir le coup sous un poids important, il est donc parfait pour les pieds de chaises et de tables.

Les deux britanniques ont même créé des bols avec de vieux écrans de smartphone :

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PENTATONIC

"Chaque catégorie de matériau subit différents traitements et procédures de recyclage", ajoute Johann Boedecker, qui explique que Pentatonic travaille notamment avec Miniwiz, une entreprise basée à Taïwan et spécialisée dans le tri de déchets individuels et industriels. Aucune résine, colle ou additif polluant n'est ajouté dans le processus.

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PENTATONIC

Début 2018, Pentatonic devrait sortir une collection de meubles faits à base de mégots de cigarette. "Nous ne pouvons pas en dire trop, à part qu'ils seront à base d'acétate de cellulose, prélevé sur les filtres de cigarette, un matériau que nous développons pour des usages multiples", confie Jamie Hall.

À ce stade, comme beaucoup de projets durables, Pentatonic n'est pas vraiment une marque bon marché. Ses chaises coûtent entre 229 et 495 euros et les tables sont à 995 euros. C'est un prix honnête, toujours plus cher que chez Ikea bien sûr, mais le prix d'un monde – et d'une maison – durable.

– Adapté par Charlotte Viguié. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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