Certains produits de la marque Ivanka Trump ont été labellisés "Adrienne Vittadini" par le sous-traitant chargé de les fabriquer et les distribuer, d'après le site Business of Fashion.

Que faire lorsque des consommateurs boudent les produits d’une marque donnée ? À cette question, certains défendent une solution très pragmatique : substituer au label original, celui d’une autre griffe, afin d'écouler la marchandise ni vu ni connu. Une technique commerciale classique, qui s’est retrouvée appliquée à la ligne de vêtements et bijoux d’Ivanka Trump, rapporte le site Business of Fashion, lundi 24 avril.

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Pour se débarasser de la marchandise de la fille du président des États-Unis, l'entreprise sous-traitante chargée de leur distribution les a rebaptisés "Adrienne Vittadini", une autre créatrice américaine. C’est sous ce label qu’ils sont aujourd’hui vendus dans au moins 300 points de vente de la chaîne de distribution discount Stein Mart, disponibles à travers les États-Unis.

Sans l'accord d'Ivanka Trump

G-III, l’entreprise sous-traitante qui détient les droits de fabriquer et distribuer la ligne Ivanka Trump, a reconnu que les produits avaient été relabellisés et vendus, discrètement, sans l'accord d'Ivanka Trump. "G-III assume la  responsabilité de résoudre ce problème qui est survenu à l’insu et sans le consentement de l’entreprise d’Ivanka Trump", a déclaré un représentant de G-III à Business of Fashion. "G-III a déjà commencé à prendre des mesures correctives, comme faciliter le retrait immédiat du marché des marchandises intégrant le faux label. La marque Ivanka Trump poursuit sa croissance et demeure forte", assure-t-il.

Depuis la campagne présidentielle en 2016, la ligne Ivanka Trump se trouvait dans le viseur des militants et des citoyens américains contre Donald Trump. En février, la campagne de boycott #Grabyourwallet visant les entreprises liées au président, avait conduit plusieurs grands magasins à arrêter la commercialisation des produits de sa fille. Une source de la chaîne Stein Mart affirme même qu’un client aurait craché sur l’une de ses blouses avant de quitter le magasin.

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Des bijoux signés Ivanka Trump.
Capture d'écran IvankaTrump.com

Contacté par Business of Fashion, le directeur général de Stein Mart, Hunt Hawkins, a affirmé que la chaîne de distribution était au courant du changement de label et que cette décision n’avait absolument rien à voir avec les plaintes des citoyens anti-Trump. "Nous avons eu les deux labels pendant un certain temps, nous devrions avoir plus de pièces Adrienne Vittadini, sur le court terme. J’ai un nombre égal de consommateurs qui disent vouloir ou ne pas vouloir la marchandise d’Ivanka Trump en magasin", a-t-il défendu.

Une pratique légale lorsqu'elle est transparente

Controversée, la technique de substitution de marques est pourtant légale en France comme aux États-Unis, dès lors qu’elle répond à deux conditions. D’abord, l’entité chargée de la substitution doit apparaître dans le nouveau label. Ensuite, toutes les informations nécessaires à la traçabilité du produit doivent être mentionnées, pour ne pas léser le consommateur, explique Susan Scafidi de l'ONG Fashion Law Institute. Mais surtout : les deux parties doivent avoir signé la substitution d'un commun accord.

Reste donc désormais à savoir si la marque Adrienne Vittadini étaient au courant de cette substitution. "Si le label original est remplacé par le label d’un tiers n’ayant pas été informé de la substitution, l’entreprise responsable de la substitution s’expose à des poursuites pénales, la personne tierce, pouvant revendiquer sa propriété en justice", affirme Susan Scafidi. Dans ce cas, en France comme aux États-Unis, renommer sa marque du nom d’une autre, sans son accord porte un nom : la contrefaçon.

– Adapté par Majda Abdellah. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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