On ne vous dit pas d'arrêter de manger du chocolat. En revanche, on vous conseille de bien le choisir.

Les familles s'en offrent à Noël, les amoureux à la Saint-Valentin, et voilà qu'il revient en avril. Le chocolat, cette fève de cacao torréfiée, l'or noir de tous les gourmands...

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Alors que la période de Carême imposait autrefois de se restreindre en œufs, Pâques célébrait le retour des réjouissances en ouvrant la porte à toutes les façons d'honorer l'aliment prohibé. C'est ainsi qu'est arrivée l'idée de faire des œufs, mais aussi des poules, en chocolat. Mais soyons honnêtes : la plupart de ceux que l'on retrouve en grande surface sont certes sucrés, mais ils ont aussi cet arrière-goût d'amertume lorsque l'on pense aux conditions de travail des producteurs de cacao. Aujourd'hui, la cacaoculture intensive menace le cacao véritable.

La faute aux hybrides de cacao

"Dans les années 80, un agronome équatorien créé la variété hybride CCN51, avec des rendements trois fois supérieurs à ceux du nacional. Malheureusement, le CCN51 n’a pas les saveurs du nacional. Il donne un cacao au goût très commun et même assez médiocre dans certaines terres", explique la coop Ethiquable sur son site Internet. Plus rentable, ce cacao hybride nuit à l'image de la variété originelle. Or, il n'existe aucun accord global pour protéger les petits producteurs de cacao, tributaires des cours du marché et condamnés à la vulnérabilité économique.

Une récente étude de l'Agence française de développement (AFD) et du fabricant de chocolat suisse Barry Callebaut révélait que les producteurs de cacao en Côte d'Ivoire ne sont rémunérés que 0,86 euro par jour, soit un revenu bien inférieur au seuil national de pauvreté.

Comment soutenir les producteurs de cacao 

"Les exportateurs de cacao génèrent 30 fois moins de revenus que les confiseurs. En revanche, le chocolat équitable permet de rémunérer 3 fois plus les cultivateurs et de maintenir une plus grande variété écologique", indique le site Consoglobe. Or, en France, les produits de chocolat sont régis par la directive européenne 2000/36/CE, venue remplacer le décret français "cacao-chocolat" du 13 juillet 1976, précise le syndicat du chocolat : la dénomination "chocolat" peut être appliquée à tout produit contenant au minimum 35 % de cacao, dont pas moins de 18% de beurre de cacao et plus 14% de cacao sec dégraissé. Aux États-Unis, une barre peut être dite "de chocolat" si elle ne contient que 10 % de cacao.

Choisissez des produits présentant un haut pourcentage de cacao

Pour soutenir les producteurs de cacao, il faut donc privilégier les chocolats possédant un grand pourcentage de cacao. C'est un premier pas. Il faudrait également prendre avec beaucoup de pincettes les initiatives de certains fabricants. C'est le cas de Barry Callebaut, qui lance le projet philantropique Forever Chocolate et promet "l’amélioration du rendement des plantations en renouvelant les cacaoyers, en utilisant les fertilisants et aussi en améliorant l’accès aux financements", comme le précise Le Temps. Et le journal suisse de rappeler que la surproduction de cacao est déjà un problème en Côte d'Ivoire : "Dès lors, l’initiative Forever Chocolate ne va-t-elle pas encore aggraver la surproduction et faire baisser davantage les prix au profit de gros acheteurs comme Barry Callebaut ?"

Mieux vaut donc éviter ce genre de social washing en se tournant vers des labels de chocolat équitable, par exemple Fairtrade / Max Havelaar, qui garantissent le respect de l'environnement et un prix minimum sur l'année, mais aussi une prime de développement pour améliorer les coopératives auxquelles les petits producteurs appartiennent. Tout ça aura meilleur goût en bouche que le cacao industriel, non ?

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