Le rap français ne se limite pas à Paris. Dans les années 1990, Marseille, l'insolente, la belle, l'énervée, n'a pas eu à rougir de sa production.

Dès ses origines, le rap marseillais est très connecté à son cousin new-yorkais, notamment à la faveur de passionnés comme Philippe Subrini, à l'origine d'une des premières émissions françaises consacrées au hip-hop, et en relation avec la Zulu Nation et Afrika Bambaataa.

VOIR AUSSI : Retronaut : Jimi Hendrix était un horrible locataire et Ringo Starr peut le confirmer

Il faut dire qu'à Marseille, ville où l'on écoutait surtout du funk, c'est le succès de "Rappers Delight" du Sugarhill Gang qui a changé la donne. C'est à cette époque que des lieux comme le Cours Julien ont commencé à accueillir des groupes de rap, tels Lively Crew (qui va devenir IAM) ou Massilia Sound System.

L'âge d'or du rap marseillais se situe entre 1995 et 2002, période "qui correspond grosso modo au succès du morceau "Je danse le MIA" de IAM (ndlr, dont le clip a été réalisé par Michel Gondry) et de celui du premier album solo du Rat Luciano", explique Julien Valnet, auteur de "M.A.R.S., histoires et légendes du hip-hop marseillais", interrogé par Mashable FR. À cette époque, la cité phocéenne peut s'enorgueillir d'avoir des groupes comme la Fonky Family, IAM, Chiens de paille.

rap-marseille10.jpg
Les Psy4 de la Rime, juste avant un de leurs concerts, en 2001.
Jean-Erick PASQUIER / Getty Images
rap-marseille9.jpg
Namor et Soprano, en 1990.
Jean-Erick PASQUIER / Getty Images
rap-marseille6.jpg
Un membre du groupe État Major écrit un morceau, chez lui, en 2001.
Jean-Erick PASQUIER / Getty Images
rap-marseille4.jpg
Akhenaton dans le studio La Cosca, en 2001.
Jean-Erick PASQUIER / Getty Images
rap-marseille5.jpg
Psy4 de la rime, en concert à La Friche Belle de Mai en 2001.
Jean-Erick PASQUIER / Getty Images

La rivalité avec Paris ? Plus médiatique qu'autre chose, promet l'historien de formation, qui rappelle qu'à l'époque les deux scènes se sont cotoyées, notamment à l'occasion de joyeux mariages des uns auxquels se rendaient les autres.

rap-marseille1.jpg
Karim du groupe Massilia Force et sa petite amie Laetitia, dans leur appartement marseillais, en 2001.
Jean-Erick PASQUIER / Getty Images
rap-concert.jpg
Psy4 de la rime en concert, en 2001.
Jean-Erick PASQUIER / Getty Images
rap-marseille3.jpg
Les membres du groupe Massilia Force regardent une émission de hip hop à la maison.
Jean-Erick PASQUIER / Getty Images

Aujourd'hui, l'ambiance a tendance à être celle de la nostalgie. Pourquoi Marseille ne connaît-elle pas de version locale d'un phénomène comme celui de PNL, le duo de Corbeil-Essonnes dont tout le monde parle en ce moment ? "Le rap marseillais vit surtout sur les souvenirs de ce qu'il a été, à travers ses légendes", reconnaît Julien Valnet. "Ici, contrairement à Paris, on manque de contacts et de portes de labels auxquelles frapper... Et puis la ville est pauvre. Alors c'est sûr, il y a des talents qui se perdent", analyse-t-il. "Mais il y a un domaine dans lequel Marseille brille actuellement : on a d'incroyables beat makers."

Pour plus d'ambiance d'époque, regardez les clips de Red, Black and Green (IAM) et Alleluia (Soprano) qui montrent des images d'archives.

Une punchline à ajouter ? Dites-le en commentaire.