Les sénateurs argentins ont rejeté jeudi la légalisation de l'avortement, mettant un terme aux espoirs des organisations féministes. Le projet de loi avait été approuvé par les députés en juin.

Comme cela était attendu, le Sénat argentin a voté jeudi 9 août contre le texte légalisant le droit à l'avortement. Trente-huit sénateurs ont dit "non" au texte prévoyant l'autorisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) pendant les 14 premières semaines de grossesse, 31 ont voté en faveur et deux se sont abstenus, selon les résultats officiels.

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Le texte avait été adopté de justesse par les députés le 14 juin (129 voix pour, 125 contre). Le Sénat est plus conservateur, car chacune des 24 provinces dispose de trois représentants quel que soit son poids démographique. La capitale et la province de Buenos Aires, plus favorables à l'IVG, y sont sous-représentées alors qu'elles abritent plus du tiers de la population du pays.

Un vote suivi de près dans toute l’Amérique latine

Cette bataille autour du droit à l’avortement était scrutée de près en Amérique latine. Actuellement, seuls l’Uruguay, Cuba, le Guyana et la ville de Mexico autorisent l’avortement sur le sous-continent. Au Brésil, la Cour suprême a débuté le 3 août une série d'audiences publiques sur le sujet, l'accès à l'IVG étant actuellement très limité. Le débat, qui se poursuit cette semaine, réunit des spécialistes de la santé, des représentants d'ONG et des leaders religieux.

Au Chili, en août 2017, après deux ans de discussions, le Parlement a approuvé un texte dépénalisant partiellement l’avortement, le rendant possible en cas de viol, de danger pour la mère ou de non-viabilité du fœtus. Mais, lorsque Sebastian Piñera (centre-droit) est revenu à la présidence en mars 2018, après quatre ans d’intermède socialiste, il a immédiatement autorisé les cliniques privées à faire jouer une clause de conscience, ce qui a limité considérablement les possibilités de recourir à une IVG.

– Cet article a été initalement publié sur le site de France 24, avec l'AFP et Reuters.

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