Après avoir fait grandir des poumons bio-artificiels dans des bioréacteurs durant deux mois, deux chercheurs les ont transplantés sur des cochons avec succès.

Des milliers de nouvelles personnes nécessitent chaque année une greffe de poumon, mais l’attente pour recevoir cet organe peut parfois être extrêmement longue. Différents laboratoires de recherche à travers le monde travaillent sur des "poumons artificiels" pour palier à cette problématique.  

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Au Texas, des chercheurs ont mis au point des poumons bio-artificiels en laboratoire durant deux ans, afin de mener des essais cliniques sur des cochons. Dans un article publié le 1er août dans la revue Science Transnational Medicine, ils expliquent leur travail et comment ils sont finalement parvenus à greffer ces poumons à des cochons.

Les nouveaux poumons bio-artificiels avaient "développé des microbiomes natifs semblables à ceux des poumons" originels

Depuis plusieurs années, les professeurs Joan E. Nichols et Joaquin Cortiella, travaillant au sein du centre hospitalier de l’université du texas (UTMB), travaillent sur la conception d’organes bio-artificiels. En 2014, comme le relèvent nos confrères de Numerama, ils avaient déjà réussi à créer des poumons humains en laboratoire.

Des poumons bio-artificiels avec de nouvelles cellules

La création de ces poumons bio-artificiels, destinés à être greffés sur des porcs, a demandé beaucoup de patience et de travail. Les chercheurs ont dû créer une "armature", une forme de support, de matrice (scaffold, littéralement échafaudage en anglais) à partir du poumon d'un autre animal. Il a fallu ensuite utiliser un processus de décellularisation pour débarrasser l’organe de toutes ses cellules. Cette armature, support au nouveau poumon, a ensuite été placée dans un bain de nutriments, auquel a été ajouté des cellules des individus receveurs – les cochons.

Après un mois à grandir dans un bioréacteur, les poumons ont finalement été transplantés vers les cochons. Comme il s'agissait d'une première, les quatre cochons transplantés pour l'étude furent euthanasiés dix heures, deux semaines, un mois et deux mois après la chirurgie. Le but était d'examiner comment les poumons artificiels s'étaient adaptés aux cochons sur différentes périodes de temps.

Les chercheurs ont ainsi pu constater que les nouveaux poumons bio-artificiels avaient "développé des microbiomes natifs semblables à ceux des poumons" originels. Après deux mois, les poumons artificiels ont continué à développer des vaisseaux et des tissus sanguins fonctionnels et ont été contaminés par les microbes propres à ces animaux, comme le note Wired.

In fine, cet essai clinique fut un succès. Les chercheurs estiment qu'il faudra une dizaine d'années de recherche pour réaliser la même chirurgie sur des humains.

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