Au lendemain du sommet historique de Singapour, l'agence de presse nord-coréenne a annoncé mercredi que Kim Jong-un avait invité Donald Trump à Pyongyang et qu'il avait lui-même accepté de se rendre aux États-Unis.

Après Singapour, Pyongyang et Washington ? Le leader nord-coréen Kim Jong-un a invité le président américain Donald Trump à se rendre en visite à Pyongyang lors de leur sommet historique, et il a accepté de se rendre aux États-Unis, a annoncé mercredi 13 mai l'agence nord-coréenne officielle KCNA.

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"Kim Jong-un a invité Trump à effectuer une visite à Pyongyang à un moment opportun, et Trump a invité Kim Jong-un à venir aux États-Unis", écrit KCNA, qui ajoute : "Les deux dirigeants ont accepté avec plaisir leurs invitations réciproques, convaincus que cela constituera une autre occasion importante pour une amélioration des relations."

Kim Jong-un estime par ailleurs que la dénucléarisation de la péninsule coréenne dépend de la cessation par Washington et par Pyongyang des actions qui les opposent, continue KCNA : "Kim Jong-un a déclaré qu'afin d'établir la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne et de réaliser sa dénucléarisation, les deux pays doivent s'engager à s'abstenir de s'antagoniser (...) réciproquement, pour se comprendre mutuellement."

Les relations désastreuses entre les deux pays ont "duré sur la période la plus longue sur Terre", estime l'agence, espérant "un tournant radical dans les relations extrêmement hostiles" entre les deux pays.

Fin des exercices militaires avec le Sud

Pyongyang a des raisons d'être satisfait de l'événement de Singapour, qui constitue un grand succès pour un régime très isolé, soumis à de lourdes sanctions internationales et désireux depuis longtemps obtenir une légitimité. Lors d'une spectaculaire conférence de presse après le sommet, Donald Trump a annoncé que les États-Unis allaient cesser leurs manœuvres militaires conjointes avec la Corée du Sud, qu'il a lui-même qualifiées de "très provocatrices" envers le Nord.

"Nous sommes en train de négocier un accord global"

"Alors que nous sommes en train de négocier un accord global, très complet, je crois qu'il n'est pas approprié d'avoir des exercices militaires", a déclaré Donald Trump, ajoutant que cela permettrait d'"économiser beaucoup d'argent".

Pyongyang exigeait depuis longtemps le gel de ces exercices militaires, perçus comme des préparatifs à une invasion militaire de la Corée du Nord. Près de 30 000 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud pour protéger ce pays allié des Etats-Unis de son voisin du Nord. Séoul et le commandement militaire américain en Corée du Sud ont souligné qu'ils n'avaient pas été prévenus à l'avance de cette annonce du président Trump. Selon KCNA, le président s'est engagé à mettre fin à ces manoeuvres conjointes au cours du sommet.

Dans une série de tweets publiés dans la soirée de mardi, Donald Trump a une nouvelle fois salué le succès du sommet. Il a remercié Kim Jong-un "pour avoir fait le premier pas audacieux vers un avenir brillant pour son peuple".

Dans l'un de ses messages, il a souligné que la Corée du Nord avait suspendu ses activités nucléaires et balistiques. "Le monde a fait un grand pas en arrière devant une potentielle catastrophe nucléaire ! Plus de lancements de fusées, d'essais ou de recherches nucléaires !", a écrit Donald Trump.

Dans un autre tweet, il a exalté les possibilités de développement économique de la Corée du Nord en cas de dénucléarisation, un thème qu'il avait déjà abordé pendant sa conférence de presse finale à Singapour.

"Il n'y a pas de limite à ce que la Corée du Nord peut réaliser si elle abandonne ses armes nucléaires et choisit le commerce et l'engagement avec le monde", a écrit Donald Trump. Kim Jong-un "a devant lui l'opportunité de devenir le dirigeant qui aura inauguré une ère nouvelle et glorieuse de sécurité et de prospérité pour ses citoyens".

– Avec AFP

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