Des milliers de personnes ont défilé samedi à Rome pour la Gay Pride alors que Lorenzo Fontana, le nouveau ministre italien chargé des affaires familiales, a publiquement nié l'existence des familles homoparentales il y a quelques jours.

La Gay Pride avait une tonalité particulière cette année en Italie. Quelques jours après le scandale provoqué par Lorenzo Fontana, nouveau ministre chargé des Affaires familiales, qui a nié l'existence des familles homoparentales, des milliers de personnes ont participé au défilé de la marche des fiertés à Rome, samedi 10 juin.

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"C'est très important que nous soyons ici parce que nous avons besoin de répondre et de montrer qu'il est faux de dire que nous n'existons pas", a ainsi lâché Andrea, 27 ans, pendant le défilé dans la capitale italienne.

"Nous existons et on devrait s'occuper de nous. L'État prend notre argent, cela signifie bien que nous existons", a renchéri Raffaele qui, avec sa compagne Simone, a une petite fille de 14 mois.

"Nous sommes ensemble depuis 11 ans et nous voulions fonder une famille. Nous sommes donc parties à l'étranger, à Las Vegas. Nous revenons chez nous avec notre fille et l'État ne reconnaît pas notre existence", a expliqué Simone.

La crainte d'un retour en arrière

"Nous vivons des jours difficiles. C'est comme si nous revenions en arrière plutôt que d'aller de l'avant", s'est quant à elle insurgée Michela, 43 ans, qui élève avec son amie une fillette de 7 ans.

Interrogé par le journal Corriere Della Sera le 2 juin, au lendemain de sa nomination, sur la manière dont son ministère traiterait la question des "familles arc-en-ciel", c'est-à-dire fondées par des couples homosexuels, Lorenzo Fontana, membre de l'aile droite de la Ligue, un parti d'extrême droite, s'était interrogé sur le fait de savoir si de telles familles "existaient" vraiment, avant de dire que la législation italienne ne les reconnaissait pas.

En 2016, le Mouvement 5 Étoiles (M5S, antisystème), qui fait aujourd'hui partie de la coalition gouvernementale aux côtés de la Ligue, avait soutenu un projet de loi d'union civile pour couples homosexuels qui permettait d'adopter les enfants naturels de son conjoint, avant de faire volte-face, obligeant le gouvernement de gauche de l'époque à s'appuyer sur ses alliés centristes : le texte était alors passé, expurgé de toute disposition sur les enfants.

La même année, Lorenzo Fontana, désormais à la tête du ministère chargé de la famille et des handicapés, avait déclaré au cours d'une réunion organisée par une association opposée à l'avortement que le mariage homosexuel, la théorie du genre et "l'immigration massive" agissaient de concert pour "liquider notre communauté et nos traditions".

– Avec AFP

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