Le café est reconnu comme étant un excitant. Une majorité de ceux qui lisent ces lignes en consomment quasi quotidiennement. Et qui n'a jamais entendu cette phrase : "J'ai besoin d'un café pour me réveiller" ?

Quand les militaires s'intéressent à quelque chose, ce n'est pas anodin. Exemple avec la caféine. Quartz nous apprend que l'armée américaine fait des recherches avancées pour optimiser la consommation de caféine de ses soldats et les garder ainsi éveillés et le plus opérationnels possible. 

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Le site rappelle que depuis au moins la Seconde Guerre mondiale, les scientifiques américains se sont penchés sur ce qui fait tenir le cerveau humain. En face, les Nazis administraient des métamphétamines à leurs soldats. Mais le café est évidemment plus sûr, même s'il a lui aussi un certain nombre d'effets néfastes pour l'organisme, notamment lorsqu'il est pris à trop forte dose.

Jaques Reifman, chercheur en biotechnologies pour l'US Army, a cherché à concevoir un algorithme permettant de doser précisément la caféine. Ses recherches, publiées dans la très sérieuse (et bien nommée) revue spécialisée Journal of Sleep Research, portent sur le développement d'un ligiciel pour apprendre les spécificités physiologiques de chacun afin de déterminer la meilleure façon de contrer le manque de sommeil, quelles que soient les conditions.

Une histoire de dosage

L'idée de l'armée américaine était de développer un outil permettant de prescrire la dose exacte de caféine à ingurgiter, et quand, pour attendre une performance optimale, a expliqué Jaques Reifman dans une interview.

Sauf qu'il est difficile d'appréhender la réaction de chacun à la caféine. Les métabolismes sont uniques et les effets de la caféine diffèrent. Jaques Reifman et son équipe ont donc réalisé de nombreux tests de temps de réponse, appelés PVT (Psychomotor vigilance Task), pour évaluer à quelle dose et quand administrer la caféine pour maximiser la vigilance à des moments précis.

L'algorithme pourrait idéalement concevoir des programmes de consommation de caféine adaptés à chacun. Ainsi, il a été démontré qu'on pouvait améliorer de 34 % les performances neurocomportementales d'un individu en lui faisant ingérer de la caféine à la bonne heure et à une certaine quantité. D'ailleurs, une surconsommation n'étant pas souhaitable, on obtiendrait les mêmes performances en consommant 65 % de caféine. Tout est une histoire de dosage.

Jaques Reifman explique que l'algorithme est actuellement testé avec des soldats à l'entraînement. Pas question pour le moment d'en faire usage pour les militaires en opération. Quant à nous, civils, il nous faudra attendre avant de connaître la dose exacte de café qu'il nous faut le matin (et à la pause de 10 h ? Et après le déjeuner ? Et au goûter ?). D'ailleurs les dosettes chères à George Clooney contiennent-elles seulement la dose qu'il nous faut ? Même pas sûr. George Reifman espère que les recherches profiteront à tout le monde, notamment ceux qui travaillent en horaires décalés : chauffeurs de camions et de cars, médecins et infirmières, etc. 

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