Daniel Beckwitt, un expert en cybersécurité américain, est accusé de la mort d'un jeune homme qu'il avait engagé pour creuser illégalement un abri antiatomique. Il avait promis à ce dernier d'investir dans sa start-up en échange de ce "service".

Il voulait se protéger des "menaces internationales, y compris de la Corée du Nord", selon son avocat. Daniel L. Beckwitt, un chercheur en sécurité de 27 ans qui s’est taillé une petite réputation dans le milieu du hacking, en intervenant notamment lors de conférences spécialisées aux États-Unis, a été inculpé jeudi pour homicide involontaire.

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Le 10 septembre dernier, Ashia Khafra, 21 ans, avait été retrouvé mort au domicile de Daniel Beckwitt, à Bethesda, dans le Maryland, après qu’un incident s’était déclaré dans le sous-sol de l’habitation. L’expert en cybersécurité avait engagé le jeune homme pour creuser, dans la clandestinité la plus totale, un réseau complexe de tunnels. Afin de disposer du matériel nécessaire à la réalisation de tels travaux, et notamment d’un éclairage, une "chaîne de rallonges hasardeuse" avait été installée, à l’origine du départ de feu.

On ignore encore comment Beckwitt comptait employer ces tunnels, mais il se peut qu’il envisageait d’en faire "un bunker sécurisé", dont le plan s’étendait bien au-delà des limites de son domicile.

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MONTGOMERY COUNTY POLICE

Parano et syndrome de Diogène

Il y a près de neuf mois, Daniel Beckwitt lui-même avait alerté les autorités lorsqu’un incendie s’était déclenché à son domicile, une maison située dans un quartier résidentiel cossu de Bethesda, à la périphérie nord de Washington. Sur place, les pompiers avaient découvert au sous-sol "le corps nu et carbonisé d’un homme décédé", indique le rapport remis à la cour. Selon le médecin légiste, celui-ci avait succombé à l’inhalation de fumée et à de multiples brûlures. Le chaos qui régnait à l’intérieur de l’habitation, composé d’amoncellement d’objets et d’ordures, aurait rendu la fuite d’Ashia plus difficile.

Dans cette même pièce, la police avaient également fait la découverte d’un trou d’environ 6 mètres de profondeur, menant à plusieurs tunnels de près de 60 mètres de longueur. Ces derniers avaient été creusés par Ashia Khafra, seul, à la demande de Daniel Beckwitt. "Participant et volontaire", toujours selon le rapport, le jeune homme travaillait sur ce chantier depuis des mois, et avait même posté une photo de lui  à l’œuvre sur Facebook.

L’enquête a cependant démontré qu’Ashia Khafra ne savait où il réalisait ces travaux, Daniel Beckwitt le forçant à se couvrir les yeux lors des trajets jusqu’à sa maison afin qu’il ne puisse en connaître l’adresse précise. Le jeune homme pensait ainsi "travailler en Virginie".

D’après des informations recueillies par le Washington Post auprès du père de la victime, Daniel Beckwitt avait fait la connaissance d’Ashia il y a environ deux ans sur les réseaux sociaux, et avait promis à ce dernier un investissement financier dans sa start-up, "Equity Shark", en échange de ces travaux illégaux. "M. Beckwitt se présentait lui-même comme un business angel", a déclaré Die Khafra. "Je regrette que mon fils ait eu la naïveté de faire confiance à cet homme."

Beckwitt, dont la fortune est estimée à plusieurs millions de dollars, devrait pouvoir retrouver temporairement sa liberté en s’acquittant d’une caution de 100 000 dollars.

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