En plus d'affecter la faune et la flore, le réchauffement climatique menace également les humains.

Au début du mois d'avril, une étude publiée par Nature affirmait que si l'élévation des températures atteignait 2 °C au lieu d'1,5 °C, la banquise arctique pourrait complètement fondre d'ici à la fin du siècle. Mais cette légère variation climatique pourrait en fait engendrer bien plus de dégâts que cela. 

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Une nouvelle étude menée par l'Université d'East Anglia (UEA, Royaume-Uni) et l'université James Cook (Australie), publiée par la revue Science le jeudi 17 mai, met cette fois-ci en lumière l'impact de ces 0,5 °C non pas seulement sur l'Arctique mais aussi sur l'Afrique australe, l'Amazonie, l'Europe ainsi que l'Australie. Et plus particulièrement sur la destruction de la faune et de la flore qu'un tel changement engendrerait. 

Les insectes, victimes directes des hausses de températures

Pour leurs recherches, les scientifques ont étudié pas moins de 115 000 espèces, dont 31 000 insectes, 8 000 oiseaux, 1 700 mammifères, 1 800 reptiles, 1 000 amphibiens et 71 000 plantes, afin de "compter le nombre d'espèces pouvant perdre plus de la moitié de leur habitat à cause du changement climatique", explique Rachel Warren, professeure à l'UEA.

Et les résultats de l'étude sont alarmants. Les insectes seraient les premières victimes d'une hausse des températures, indique ce graphique réalisé par Quartz :

Comme on peut le constater, une hausse des températures inférieure ou égale à 1,5 °C limiterait la casse, puisque "seulement" 10 % – ou moins – de la faune et de la flore perdraient du territoire habitable. À partir de + 2 °C, certaines pertes s'élèveraient à 25 %. Mais c'est à + 3,2 °C que la situation deviendrait catastrophique, puisque les insectes par exemple, verraient leur habitats diminuer de plus de 50 %. Heureusement – et Quartz le précise –, une telle augmentation des températures est considérée comme étant "inacceptable" pour une grande majorité de pays. 

Un effet papillon qui toucherait les humains

Cependant, les insectes restent "particulièrement sensibles aux changements climatiques", rappelle Rachel Warren. "À + 2 °C, 18 % des 31 000 spécimens étudiés perdraient la moitié de leur lignée", poursuit la scientifique, avant d'ajouter : "C'est très important car les insectes sont essentiels à l'écosystème et aux humains. Ils pollinisent nos cultures et nos fleurs, fournissent de la nourriture pour certains organismes, détruisent des déchêts et maintiennent un équilibre dans l'écosystème en mangeant les feuilles de certaines plantes et en recyclant des nutriments présents dans les sols."

Si l'étude montre les conséquences du réchauffement climatique en utilisant des données inenvisageables, elle prouve néanmoins une nouvelle fois que ce minuscule changement d'une moitié de degré Celsius aurait un impact réel : par effet papillon, il aurait des répercussions non négligeables sur l'Homme. 

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