Douze ans après la dernière réintroduction d'ours dans les Pyrénées, Nicolas Hulot a annoncé mardi qu'il souhaitait réintroduire dans la région deux ours femelles.

Nicolas Hulot souhaite réintroduire à l'automne deux ours femelles dans les Pyrénées-Atlantiques, après concertation avec le monde rural, une opération inédite depuis 12 ans qui risque de provoquer l'opposition des éleveurs.

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"Nous ne pouvons pas nous résoudre à voir disparaître l'ours brun des Pyrénées sous nos yeux. Je mesure bien le défi que représente pour le monde agricole la cohabitation avec les activités humaines, mais nous devons montrer notre détermination à sauver la biodiversité, en France et dans le monde", a déclaré, mardi 27 mars, le ministre de la Transition écologique dans un communiqué, qui prévoit de se rendre sur place "pour écouter tous les acteurs".

"J'ai décidé de passer à l'offensive parce qu'il ne reste que deux mâles" dans les Pyrénées-Atlantiques, "dont Cannellito, fils de Cannelle", dernière représentante de l'ours de souche des Pyrénées tuée par un chasseur en 2004, a expliqué le ministre dans Le Parisien.

Le nombre d’ours est estimé à 39 dans les Pyrénées

"Il y avait urgence", a déclaré à l'AFP Alain Reynes, directeur de l'association du pays de l'Ours en Haute-Garonne, même si "les opposants ne vont pas manquer de se manifester". "Les conditions de la cohabitation sont réunies, les dégâts ont toujours été plutôt faibles et bien indemnisés".

Le nombre d'ours est estimé à 39 dans les Pyrénées, selon les derniers chiffres officiels de 2016. Mais seuls deux mâles vivraient dans les Pyrénées occidentales, la grande majorité des individus ayant été recensés dans le centre du massif. Ainsi, dans l'Ariège, la population d'ours est en légère augmentation après être passée au bord de l'extinction dans les années 80.

Plus de vingt ans après la réintroduction, les éleveurs protestent en particulier contre les attaques de troupeaux attribuées aux ours. "Je sais bien que c'est un dossier compliqué mais je veux travailler avec eux", a assuré Nicolas Hulot, demandant au préfet de mener un dialogue "qui doit aboutir à un accompagnement renforcé et une meilleure protection des troupeaux".

– Avec AFP

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