Donald Trump et Emmanuel Macron constateront qu'ils ne font pas partie des bons élèves dans l'indice de démocratie que vient de mettre à jour de The Economist.

Publié pour la première fois en 2006 et mis à jour chaque année depuis 2008, l'indice de démocratie (Democracy Index) du groupe de presse britannique The Economist est à chaque fois très attendu et commenté. Il est établi à partir d'une soixantaine de critères (processus électoral et pluralisme, libertés civiles, fonctionnement du gouvernement, participation politique et culture politique) et regroupe les pays du monde dans une échelle qui compte quatre niveaux : les "démocraties pleines" en tête, les "démocraties imparfaites", puis les "régimes hybrides" et enfin les "régimes autoritaires".

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Dans la dernière mise à jour, publiée mercredi 31 janvier, on compte seulement 19 "démocraties pleines", dont 14 pays européens :

Rang "Démocraties pleines" Note sur 10
1 Norvège 9,87
2 Islande 9,58
3 Suède 9,39
4 Nouvelle-Zélande 9,26
5 Danemark 9,22
6 Irlande 9,15
7 Canada 9,15
8 Australie 9,09
9 Finlande 9,03
10 Suisse 9,03
11 Pays-Bas 8,89
12 Luxembourg 8,81
13 Allemagne 8,61
14 Royaume-Uni 8,53
15 Autriche 8,42
16 Maurice 8,22
17 Malte 8,15
18 Uruguay 8,12
19 Espagne 8,08

La quasi-totalité de la population du monde est comptabilisée dans cet indice qui, dans sa verison 2018, regroupe 167 pays, seuls les micro-États ayant été exclus. Et il se trouve que 4,5 % seulement de la population mondiale vit dans une "démocratie pleine", c'est peu.

Le second groupe, celui des "démocraties imparfaites", pèse pour 44,8 % de l'humanité. On y retrouve les États-Unis de Donald Trump à la 21e place avec une note de 7,98/10. The Economist explique que "malgré la propagation de fausses nouvelles et le fait qu'elle n'est pas une démocratie pleine, l'Amérique est toujours en tête des classement sur la liberté d'expression". La France et de nombreux autres pays européens (dont l'Italie et la Belgique) sont également des "démocraties imparfaites".

Le rédacteur en chef du rapport, Joan Hoey, note que dans le monde entier, "la liberté d'expression est confrontée à une triple menace. L'État dans les pays démocratiques et autoritaires utilise la diffamation, la protection contre le terrorisme, le blasphème et d'autres lois pour restreindre la liberté d'expression". "Les acteurs non-étatiques, y compris les militants islamistes, les gangs criminels et les groupes d'intérêts utilisent l'intimidation, les menaces, la violence et le meurtre pour étouffer la liberté d'expression. Ceux qui revendiquent le droit de ne pas être offensés réclament des 'espaces sûrs', des sonnettes d'alarme, des lois sur les 'discours de haine' et le contrôle des médias sociaux pour nettoyer l'espace public d'un prétendu contenu offensant."

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