Un test est actuellement mené en Chine, qui consiste à utiliser l’application mastodonte WeChat comme carte d’identité officielle.

Réserver un billet d’avion, passer les contrôles de sécurité ou bien ouvrir un compte bancaire, le tout simplement en montrant son profil sur une application de messagerie comme carte d’identité ? Depuis ce début de semaine, une partie des habitants de la ville chinoise de Guangzhou peuvent utiliser leur compte WeChat comme un nouveau document d’identité, émis par le gouvernement.

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En pratique, les citoyens devront scanner leur carte d’identité, entrer un mot de passe personnalisé, puis scanner leur visage pour la reconnaissance faciale.  

L’objectif, c’est de déployer le dispositif à l’ensemble du pays d’ici janvier 2018, selon l'agence de presse chinoise Xinhua. Cela fait déjà quelques mois que l’application est devenue une trousse à outils impressionnante : données personnelles, shopping en ligne, paiement des factures et location de voitures, cloud, virements bancaires, publication d’articles…

Une dépendance à une application qui censure

C’est Tencent, seul représentant chinois dans les 10 plus grandes entreprises du monde (280 milliards de capitalisation), qui détient WeChat. L’application compte près d’un milliard d’utilisateurs mensuels (environ 72 % de la population chinoise), qui deviennent inévitablement dépendants de leur compte personnel. Le hic, c’est que Tencent a des accords légaux avec le gouvernement chinois, qui a la gâchette de la censure plutôt facile.

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La phrase "China arrest human rights defenders" était la seule phrase anglaise remarquée comme censurée en entier par Citizen Lab.
Citizen Lab

Difficile de publier un article un peu délicat, il sera supprimé. Difficile aussi d’échanger des messages critiques sur le gouvernement. Des mots et des phrases entières sont censurés, comme l’indiquait un rapport de Citizen Lab, un groupe de recherche de l’université de Toronto.

72 % de la population chinoise confiera donc la quasi-totalité de ses informations d’ici le mois prochain à une entreprise qui travaille conjointement avec le gouvernement, et ce sera quasi indispensable pour vivre "normalement". Dangereux. Et ça, vous n’auriez pas pu le lire depuis WeChat.

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