Le président américain a annoncé lundi la réduction de 85 % du Bears Ears National Monument et de 45 % du Grand Staircase-Escalante National Monument, deux zones de l'ouest des États-Unis jusqu'ici protégées pour leurs richesses archéologiques.

C'est un camouflet pour les défenseurs de la nature. Le président américain Donald Trump a tronqué lundi 4 décembre deux "monuments nationaux" de l'Utah. Il marque ainsi le plus important retour en arrière en la matière en plus d'un siècle.

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Le milliardaire a fait le déplacement à Salt Lake City, la capitale de cet État de l'ouest des États-Unis, pour cette annonce : une réduction de 85 % du Bears Ears National Monument, créé en décembre 2016 par Barack Obama, et d'environ 45 % du Grand Staircase-Escalante National Monument, créé en septembre 1996 par Bill Clinton.

Il a justifié sa décision en expliquant qu'il s'agissait de restituer aux quartiers avoisinant des terres détenues par le gouvernement et de supprimer la main-mise de Washington. "Les familles et les quartiers de l'Utah connaissent et aiment mieux cette terre et vous savez le mieux comment prendre soin de votre terre", a-t-il déclaré, estimant que ce "lien avec les grands espaces ne devait pas être substitué aux caprices de régulateurs à des dizaines de milliers de kilomètres de là".

Exploration des énergies fossiles

Cette initiative pourrait ouvrir la porte à l'exploration d'énergies fossiles ou à d'autres usages commerciaux. Elle soulève également des interrogations sur l'avenir d'autres zones de conservation créées en vertu d'une loi de 1906. "Cette loi requiert que seulement les plus petites zones nécessaires soient mises de côté pour une protection spéciale en tant que monuments nationaux", a relevé Donald Trump, considérant que "de précédentes administrations ont ignoré ce standard et utilisé la loi pour bloquer des millions d'hectares de terres et d'eau sous le strict contrôle du gouvernement". "Je suis un promoteur immobilier. Lorsqu'on commence à parler de millions d'hectares, je dis ‘pouvez-vous répéter ? C'est beaucoup’", a-t-il poursuivi.

Selon ses détracteurs, les régions concernées abritent plus de 100 000 sites archéologiques y compris de l'art rupestre datant d'au moins 5 000 ans et des restes de 21 espèces de dinosaures jusqu'alors inconnues.

L'organisation de protection de l'environnement Friends of the Earth a accusé Donald Trump et ses alliés de piller les ressources. "Donald Trump supervise la plus importante élimination des zones protégées de l'histoire des États-Unis. Démanteler ces parcs est le dernier cadeau de Trump aux intérêts économiques qui ont soutenu sa campagne. Cette action est sans précédent et se terminera devant les tribunaux", a-t-elle indiqué.

Dix organisations de protection de l'environnement dont le Sierra Club et la Wilderness Society (TWS) ont immédiatement porté plainte devant un tribunal de la capitale Washington. Elles dénoncent une "proclamation illégale" de Donald Trump qui va "mettre en danger des trésors géologiques" et archéologiques et "fait fi de 111 années d'histoire de la protection" de l'environnement.

"C'est un jour triste pour les peuples indigènes et pour l'Amérique", a pour sa part écrit la Nation Navajo dans un communiqué, ajoutant qu'elle allait, aux côtés de "quatre autres tribus (...), porter plainte contre l'administration" Trump.

– Avec AFP

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