Ne désespérez pas : même si le Yéti vient bel et bien de l'ours, la cryptozoologie a encore des milliers d'animaux légendaires à nous dévoiler.

Serait-ce la fin d’un mythe ? De nouvelles analyses ADN sur des os de supposés yétis suggèrent que l’origine de cette créature qui alimente tous les fantasmes serait en fait... un ours brun des hautes montagnes de l’Asie.

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Vous connaissez sans aucun doute la légende. Au Canada et dans les grandes chaînes de montagnes boisées du nord des États-Unis, on l’appelle le Bigfoot. Au Tibet et dans les régions avoisinant la chaîne de l’Himalaya, on le surnomme le Yéti.

C’est "l’abominable homme des neiges", cette sorte de créature à mi-chemin entre l’homme et le singe, couverte de poils, imposante, est connue et cherchée par les cryptozoologues et amateurs d’animaux légendaires depuis les années 1920. Avec Nessie, le monstre du Loch Ness, c’est probablement une des bestioles ayant le plus stimulé l’imaginaire animalier du XXe siècle.

Mi ours, mi Yéti et re mi ours derrière

Mais la quête des passionnés du Yéti pourrait toucher à sa fin. Dans une nouvelle étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B ce mercredi 29 novembre, on apprend que la professeure Charlotte Lindqvist, co-auteure de l’étude et professeure associée de biologie à l’université de l’État de New York, a pu analyser neuf échantillons de restes supposés de Yéti.

Elle et son équipe ont eu accès à des fragments d’os, une dent, un morceau de peau, des poils et de la matière fécale collectée sur le plateau tibétain. Ces différentes composantes ont été récupérées depuis les années 1930 et sont habituellement conservées dans des musées et des collections privées. L’équipe de Charlotte Lindqvist les a réunis pour en faire une analyse ADN.

Les résultats montrent que la dent venait d’un chien domestiqué. Mais le reste des échantillons sont indubitablement issus d’ours noirs d’Asie et d’ours bruns de l’Himalaya et du Tibet. Pour l’auteure, ces résultats montrent surtout que le mythe du Yéti "puise ses racines dans des faits biologiques réels", comme c’est souvent le cas en cryptozoologie.

On note néanmoins que ce n'est pas la première fois que des scientifiques tentent de débunker la légende du Yéti. En 2012, une équipe de scientifiques de l'université d'Oxford avait mené des tests ADN sur des poils censés avoir appartenus au Yéti. Ils avaient ensuite émis l'hypothèse que le Yéti était issu d'un croisement ancien entre l'ours brun et l'ours polaire. Mais ces résultats sont controversés et l'étude "reposait sur des données beaucoup trop limitées", affirme à l'AFP Charlotte Lindqvist.

On espère secrètement que cette étude aussi se plante totalement et que le Yéti existe bel et bien. Mais si ce n'est pas le cas et pour ne pas vous laisser dans le désespoir, on vous recommande néanmoins ce livre lu et approuvé, à mettre entre toutes les mains des fans de cryptozoologie qui n’ont pas peur des gros pavés : "Du Yéti au calmar géant : le bestiaire énigmatique de la cryptozoologie" de Benoit Grison.

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