Björn Höcke, visage des identitaires en Allemagne, aura désormais vue, depuis son jardin, sur ce monument du souvenir des victimes juives de la Shoah, qu’il avait qualifié de "mémorial de la honte".

Bon, a priori avec cette action, le collectif allemand Centre for Political Beauty mérite la médaille d’or du trolling.

L’histoire commence en janvier 2017, lorsque le député Björn Höcke déclare lors d’un discours à Dresde : "Nous sommes, les Allemands, le seul peuple à avoir implanté un mémorial de la honte au cœur de sa capitale", évoquant là le mémorial de l’Holocauste érigé près de la porte de Brandebourg à Berlin, en hommage aux 6 millions de victimes juives tuées par les nazis pendant la Shoah. Élu de la région de Thuringe sous l’étiquette du parti de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), l’homme de 45 ans est "le nouveau visage du racisme en Allemagne", décrit Atlantico.

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Depuis quelques années, Björn Höcke incarne ainsi le mouvement national-identitaire au sein de l’AfD. Partisan des thèses révisionnistes, il "défend la constitution d’une 'identité et d’un territoire pangermanique', oubliant l’échec du IIIe Reich et dénonçant la rééducation forcée du peuple allemand après 1945 par les Alliés" et pense que l’Allemagne "devrait pratiquer un virage à 180 degrés de sa mémoire", rappelle Libération.

Mais si le discours à l’extrême droite de Björn Höcke séduit de nombreux partisans de l’AfD – le parti a fait son entrée au Bundestag avec près de 13 % des voix lors des élections de septembre 2017 –, certains artistes allemands sont loin d’être en accord avec les idées de l’élu.

Alors les membres du collectif Centre for Political Beauty ont mijoté leur réplique pendant de long mois. Il y a dix mois, ils ont commencé à louer la maison située sur le terrain juste à côté de celle de l’homme politique, dans la ville de Bornhagen. Et mercredi 22 novembre, ils ont érigé une réplique miniature de 26 blocs de béton du mémorial de l’Holocauste. L’identitaire a désormais vue tous les jours sur ce momument du souvenir qu’il haït tant.

"Nous faisons notre devoir de voisins. On espère qu’il appréciera la vue chaque jour lorsqu’il regardera par sa fenêtre", a déclaré le leader du collectif Philipp Ruch. Pour continuer son action, Centre for Political Beauty a lancé une cagnotte en ligne pour rassembler l’argent qui permettra d’entretenir le monument pendant les deux prochaines années ou plus. En 24 heures, plus de 85 000 euros ont déjà été récoltés.

Si Björn Höcke veut voir disparaître ce monument, le collectif le retirera à une condition : qu’il s’agenouille devant "pour demander sincèrement pardon pour les crimes allemands de la Seconde Guerre mondiale". Comme l’avait fait le chancelier allemand Willy Brandt devant le monument aux héros du ghetto de Varsovie en Pologne en 1970.

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