Comme chez les humains, boire trop et/ou seul lorsque l'on est en couple peut porter préjudice aux rongeurs. Oui, oui. Aux rongeurs.

Lorsqu'il n'est pas consommé avec modération, l'alcool peut causer bien des problèmes, notamment dans un couple. Cette constatation est également valable pour... les couples de campagnols des prairies, des rongeurs bien plus proches de nous que l'on ne pourrait le croire. 

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Contrairement à beaucoup de mammifères, les campagnols des prairies sont monogammes. Et ils apprécient l'alcool, comme le rapporte cette étude relayée par le National Geographic. En partant de ces deux postulats, l'étudiant chercheur Andre T. Walcott de l'Oregon Health and Science University a rassemblé une centaine de campagnols, puis les a laissés se regrouper en binômes. Il a ensuite mis de l'alcool à leur disposition. Dans un tiers des couples, le mâle et la femelle avaient accès à de l'alcool ; un autre tiers n'y avait pas accès ; et dans le dernier tiers, seul le mâle avait de l'alcool. 

Boire ou entretenir leur couple ? Les campagnols ont choisi

Accompagné du neuroscientifique Andrey E. Ryabinin, les deux chercheurs ont tout d'abord constaté que les rongeurs étaient très portés sur la boisson. Ensuite, ils ont laissé le choix aux campagnols alcoolisés de rentrer retrouver leur compagne sobre, ou de continuer à traîner avec leurs camarades de biture. Une majorité a choisi la seconde option. Tiens, tiens. De leur côté les couples ivres et les couples sobres ne se sont pas éloignés. 

Les deux scientifiques ont remarqué une autre conséquence liée au fait de boire seul chez les campagnols, mais cette fois-ci davantage biologique que comportementale. La substance grise périaqueducale  – un ensemble de neurones formant une masse de substance grise – des rongeurs ayant bu et dont la partenaire était sobre montre une activité différente des autres couples témoins. Or, cette partie du cerveau est très riche en récepteurs d'oxytocine, une hormone facilitant la création de lien avec autrui. Ces campagnols seraient donc moins aptes à mener à bien leur relation amoureuse si leur partenaire est dans un état différent. 

Pour la suite de cette étude, Andre T. Walcott va reproduire les mêmes manipulations mais cette fois-ci en faisant en sorte que les femelles campagnoles soient ivres, et les mâles non, afin de voir si c'est un comportement propre aux êtres masculins ou pas. 

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