Dans la tombe d'un guerrier de la Grèce antique, des archéologues ont découvert un minuscule médaillon représentant une scène de bataille épique et mystérieuse.

Il y a deux ans, une équipe d’archéologues a commencé à exhumer un ancien tombeau de la région de Pylos, dans le sud de la Grèce. Vieille de 3 500 ans, la tombe, située à proximité du palais de Nestor, était celle d’un soldat surnommé le Guerrier Griffon. Elle recelait une quantité impressionnante de trésors, comme l’avait raconté en 2015 le New York Times.

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Parmi ces artéfacts d’un autre âge, l’équipe de recherche de l’université américaine de Cincinnati (Ohio) a trouvé quatre chevavalières en or, un miroir en bronze et un peigne en ivoire. S'y trouvait également un objet incrusté de crasse, qui ressemblait à une sorte de grande perle, mais ne semblait pas être, au premier coup d'œil, particulièrement fascinant.

Bien plus tard, un restaurateur a commencé à nettoyer la pièce des résidus de chaux qui s'y étaient incrustés. Il s’est alors rendu compte qu’il s’agissait d’un sceau gravé sur une pierre, une sorte de médaillon estampillé d’une image bien précise, celle d’un guerrier combattant deux adversaires dans une scène qui rappelle sans mal la mythologie grecque et ses plus fameux récits.

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Quand les chercheurs pensaient encore qu'il ne s'agissait que d'une perle.
Alexandros Zokos/University of Cincinnati

Des origines inconnues

La tombe a été découverte par Jack L. Davis et Sharon R. Stocker, archéologues à l’université de Cincinnati, qui étudient la région de Pylos depuis près de 25 ans. "C’est après le nettoyage, durant le processus de dessin et de photographie, que notre excitation a commencé à augmenter alors que nous réalisions que nous avions déterré un chef d’œuvre", expliquent-t-ils dans un article sur le journal scientifique Hesperia, après avoir publié un compte-rendu complet de la découverte sur le site de l'université.

Cette scène hallucinante de détails tient sur une surface d’à peine 3,6 centimètres. "Ce qui est fascinant, c’est que la représentation et du corps humain et de sa musculature est à un niveau de détail que l'on ne retrouve pas avant la période classique de l’art Grec, 1 000 ans plus tard", explique Jack L. Davis dans une interview à UC Magazine.

Certains détails ne sont visibles qu’en utilisant un microscope. Comment l’auteur a-t-il réussi à atteindre un tel niveau de détail ? C’est un mystère. Selon le New York Times, qui a pu s’entretenir avec les chercheurs, ces derniers pensent que la pièce n’a pas été réalisée en Grèce, mais en Crète, où les techniques artistiques étaient plus avancées. Un autre spécialiste cité par le quotidien pense qu’il s’agit d’une miniature d’un plus grand tableau, comme celles qu’on retrouve au palais de Cnossos, toujours en Crète.

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Tina Ross/University of Cincinnati

Une bataille mystérieuse

Bien évidemment, les archéologues s’interrogent aussi sur ce que l’objet représente. Le sceau où est gravé le dessin, incrusté sur une agate, montre un héros en train de vaincre un adversaire, alors qu’un troisième est au sol, mort. L’objet est fait de telle manière qu’il peut être porté au poignet. On peut donc considérer qu’il s’agit du souvenir d’une bataille glorieuse. D’autant plus que les deux adversaires de notre héros semblent appartenir à une communauté similaire, au vu de ce qu’ils portent.

Il semble logique que la scène représentée sur le sceau soit liée à l’histoire de la famille ou de la communauté du Guerrier Griffon. Celui-ci a été inhumé 1 500 ans avant notre ère, dans une période critique de l’histoire du pays où la civilisation minoenne se déportait de la Crête vers la Grèce.

Il est possible, selon le New York Times, que des chefs locaux, comme le Guerrier Griffon, aient utilisé de précieux objets comme celui-ci pour montrer leur appartenance à l’élite grecque.

Ce ne sont que des suppositions et, pour le moment, les mystères de la fabrication et de la signification restent entiers.

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