Avec sa série "Les stories du bout du monde" postée sur Instagram, l'ONG internationale Care met en avant le quotidien de sept femmes d’origine différentes qui luttent contre la pauvreté et pour leur émancipation. Un autre combat féministe.

En quelques photos et courtes vidéos postées sur Instagram, Minata livre un peu d’elle-même. Ses enfants, son petit déjeuner, son associée… Rien d’étonnant, a priori. Chaque jour, plus de 190 millions de personnes partagent leur quotidien sur le réseau social en postant des "stories" - succession de clips de 15 secondes mélangeant photos, textes et vidéos, et mis en ligne pendant 24 heures. Mais parmi ce flux, il y a des histoires moins tendance que d’autres. Celle de Minata, par exemple.

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À 32 ans, Minata est vendeuse d’eau sur les parkings de bus à N’zianouan, à une heure d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Sur Instagram, sa story a peu à voir avec les clichés ultra filtrés des #boboyogiworkingmum. Le petit-déjeuner est partagé par ses quatre enfants à même la casserole, le travail est à une heure de marche sur la piste avec plusieurs litres d’eau sur la tête, et la journée une course permanente derrière les bus, au milieu d’une nuée d’autres vendeuses qui jouent des coudes pour achalander le client.

Pierre Niney et Ophélie Meunier engagés

L’histoire de Minata fait partie d’une série de stories mises en avant par Care France. L’ONG qui défend les droits des femmes et la justice environnementale s’est associée à l’agence de publicité BBDO Paris pour créer "Les Stories du Bout du Monde" : sept histoires de femmes originaires de sept pays différents qui luttent contre la pauvreté et pour la reprise en main de leur destinée. Elles sont partagées du 6 au 12 novembre sur le compte Instagram @care_france, mais aussi relayées sur les comptes de 70 personnalités françaises parmi lesquelles l'acteur Pierre Niney, la journaliste Ophélie Meunier, la mannequin Caroline de Maigret ou encore les Youtubeuses Sananas, Nolita et Natacha Birds.

"Les femmes sont les premières victimes de la pauvreté et des inégalités dans le monde"

Quand une organisation internationale s’associe à un géant de la pub, on ne lésine pas sur les moyens. Deux cinéastes ont été envoyés pendant un mois à la rencontre des femmes pour les aider à filmer leur quotidien avec un smartphone. Le résultat est là : les petites vidéos nous plongent dans un quotidien de femmes combattantes, loin d’un discours victimaire. "Les femmes sont les premières victimes de la pauvreté et des inégalités dans le monde. Nous voulions saluer toutes celles qui font preuve d’un courage incroyable pour améliorer leur vie et celle de leur famille", explique Philippe Lévêque, directeur de Care France.

Minata a par exemple rejoint une association d’épargne et de crédit (AVEC) pour pouvoir bénéficier d’un micro-crédit et lancer son affaire. "Au début, mon mari ne voulait pas que je sorte de la maison (...) Mais j’ai insisté et il a fini par comprendre le bien-fondé du groupement", témoigne-t-elle. La jeune femme emploie aujourd’hui deux personnes. "Les autres femmes prennent exemple sur moi. (…) Maintenant, mon mari me respecte et demande mon avis pour tout. Je ne suis plus un simple élément de décor de la maison qui dit oui à tout", témoigne la jeune femme, fière de sa réussite.

À chaque jour, son histoire. Le 7 novembre, c’est le quotidien de Maria, 32 ans, agricultrice en Équateur et formée aux méthodes de l'agro-écologie, que l’on découvre en ligne. Un autre modèle de volonté et de persévérance savamment mis en scène sur les réseaux. Mais c’est le fond qui compte. Par les temps qui courent, il fait bon entendre des femmes de tous pays et tous horizons tordre le cou au patriarcat et lutter pour leur émancipation.

– Article initialement publié sur France 24.

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