Plusieurs des armes du tueur de Las Vegas étaient équipées d'un "bump stock", un mécanisme qui permet aux armes semi-automatiques de tirer en rafale. Les autorités américaines envisagent désormais de réglementer l'usage de ce mécanisme.

Aux États-Unis, chaque tuerie de masse pose avec acuité la douloureuse question du contrôle des armes à feu. Le massacre de Las Vegas, survenu dimanche 1er octobre, ne fait pas exception mais cette fois, le débat prend une tournure inattendue. La principale cible des critiques est le mécanisme du "bump stock", qui permet aux armes semi-automatiques de tirer en rafale. Le tireur de Las Vegas en possédait apparemment pas moins d’une douzaine.

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Outre-Atlantique, le droit de posséder une arme est sacro-saint. Seule limitation : depuis 1986, les civils n’ont plus le droit de posséder d’armes automatiques, capables de tirer en rafale. Les fusils semi-automatiques, pour lesquels chaque pression sur la détente ne déclenche qu'un tir, en revanche, sont en vente libre, avec vérifications selon les États.

Le hic, c’est que le "bump stock" se monte précisément sur des armes semi-automatiques. Utilisant l'énergie de recul produite par le tir pour repousser la gâchette vers le doigt du tireur, il permet d'enchaîner beaucoup plus vite les tirs, simulant de fait un fusil mitrailleur. Des vidéos promotionnelles montrent des tireurs vider ainsi près de 100 cartouches en sept secondes.

Offensive parlementaire contre le "bump stock"

Apprenant que Stephen Paddock, l’auteur du massacre de Las Vegas, en était pourvu, le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a souhaité jeudi 5 octobre que les parlementaires étudient la réglementation concernant ce mécanisme. La veille, la sénatrice démocrate Dianne Feinstein introduisait au Sénat un projet de loi visant à interdire ces mécanismes et tous les éléments "modifiant facilement et à moindre coût des armes légales en (...) fusils mitrailleurs".

Plusieurs élus républicains, typiquement opposés à des restrictions sur les armes à feu, se sont dits ouverts à une telle idée, notamment le numéro deux des conservateurs au Sénat, le sénateur du Texas John Cornyn. La Maison Blanche a dit saluer ces efforts et souhaiter contribuer à la discussion.

Chose rare, la toute puissante National Rifle Association (NRA), qui défend habituellement bec et ongle le droit des Américains à porter des armes, s'est dite favorable à un durcissement de la législation entourant les "bump stocks". Elle a demandé au Bureau fédéral des armes à feu de vérifier si ces dispositifs étaient conformes à la législation.

- Avec Reuters

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