L'humanité a failli éviter le fléau de l'herpès génital. Mais un hominidé mangeur de chair de chimpanzé a tout fait foirer.

Hmmm, l’herpès ! Mieux, l’herpès génital ! Voilà une affliction dont l’humanité aurait pu se passer sans trop de problème. Des chercheurs britanniques viennent de découvrir l’origine humaine du virus, le "patient zéro" qui, il y a des milliers d’années, a contaminé ses petits camarades et diffusé ce fléau.

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Contrairement aux boutons de fièvre de l’herpès classique (HSV1), l’humanité a failli éviter l’enfer des herpès génitaux (HSV2). Le premier virus a directement été transféré aux premières espèces d’hominidés par nos ancêtres les chimpanzés, il y a environ 7 millions d’années. Mais HSV2 est bien plus récent.

HSV2 est apparu chez l’homme il y a entre 3 et 1,4 millions d’années. Le virus a réussi a s’affranchir de la barrière entre les espèces pour sauter des primates africains vers nos ancêtres humains, probablement grâce à une espèce intermédiaire d’hominidés. Et des chercheurs des universités de Cambridge et d’Oxford, qui ont publié leurs résultats dans la revue spécialisée Virus Evolution ce lundi 2 octobre, semblent avoir découvert le nom du coupable : Parathropus boisei.

Un virus très efficace

Le Parathropus boisei était un hominidé bipède, au cerveau de petite taille, à la carrure large et au visage très aplati, selon le site Phys.org. Ce petit monsieur très sympathique a été découvert par l’anthropologue Mary Leakey en 1959 en Tanzanie et est depuis surnommé "casse-noisette" par les scientifiques, pour la simple et bonne raison que ses molaires étaient 3 à 4 fois plus grandes que celles des hommes modernes.

Pour ce nourrir, ce bon Parathropus boisei mangeait la chair d’autres singes. Et le virus des herpès génitaux – sachez-le, en cas de besoin – se transmet notamment par les morsures et les plaies ouvertes. Ainsi introduit dans cette branche de l’humanité, le virus s’est peu à peu adapté à son nouvel environnement pour gagner en efficacité. Au début, les hominidés possédant déjà HSV1 dans leurs gènes ont ainsi été épargnés, mais HSV2 a fini par trouver sa place en s’installant dans les organes génitaux.

Jusqu’au jour où Parathropus boisei a croisé le chemin de l’un de nos ancêtres, Homo erectus. C’était donc il y a 3 à 1,4 millions d’années. Les scientifiques britanniques ont alors deux hypothèses : soit Homo erectus a mangé la chair de Parathropus boisei – c’est beau, l’amour entre espèces –, soit les deux compères se sont retrouvés à boire dans des sources d’eau similaire, comme le lac Turkana, au Kenya. Quoi qu’il en soit, le ver était dans le fruit.

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