Une poignée de scientifiques du monde entier sont réunis en Tasmanie pour déterminer pourquoi le niveau de la banquise fluctue de plus en plus intensément chaque année.

Le niveau de la banquise a atteint un niveau historiquement bas cette année. Mais son comportement changeant est difficilement explicable : le rapport avec le changement climatique n’est pas avéré, selon une soixantaine de météorologistes et de scientifiques internationaux réunis durant toute la semaine en Tasmanie pour mieux appréhender la problématique.

VOIR AUSSI : Un iceberg deux fois plus grand que le Luxembourg s'est détaché de l'Antarctique

L’International Ice Charting Working Group, formé en 1999, est un conglomérat de scientifiques issus des agences de recherches nationales sur la banquise. On y trouve aussi bien le "United States National Ice Center" que le "Japan Hydrographic and Oceanographic Department". Chaque année, ils se réunissent pour discuter et partager leurs découvertes. 

Et chaque année, ils font le même constat : les niveaux de la banquise ne cessent de fluctuer, de manière incontrôlable, souvent dangereuse. En mars, le niveau de la banquise de l'Antarctique est en effet tombé à 2,075 millions de kilomètres carrés. Le plus bas depuis l'observation par satellite, en 1979. Mais, il y a à peine trois ans, la banquise atteignait pourtant son plus haut niveau : 20 millions de kilomètres carrés.

Une banquise instable

Comment expliquer ce phénomène ? Eh bien, selon l'Associated Press, reprise par le Guardian, les scientifiques ne se l'expliquent pas. Du moins, ils ont du mal à mesurer l'impact du changement climatique sur ces fluctuations.

"L'augmentation de la chaleur réduit la couche de glace de la banquise, mais il y a aussi d'autres mécanismes"

Le docteur Jan Lieser, de l'Antarctic Climate and Ecosystems Cooperative Research Centre (Australie), résume ainsi le problème à l'agence de presse : "L'augmentation de la chaleur réduit la couche de glace de la banquise, mais il y a aussi d'autres mécanismes en jeu", affirme-t-il. "Cette augmentation de la chaleur entraîne un accroissement de la fonte des glaces sous-marines – ce qui ajoute une eau beaucoup plus froide aux océans." Ainsi, l'augmentation de la température entraîne la fonte de la couverture glaciaire, mais aussi sa reformation, dans une forme de recommencement permanent.

Le caractère imprédictible de la banquise est devenu un vrai casse-tête, tant pour les scientifiques que pour les bateaux passant à proximité de l'Antarctique, notamment pour les touristes. Le groupe estime ainsi que l'année dernière, environ 50 bateaux ont emmené 35 000 touristes sur le continent austral, dans des conditions de sécurité de plus en plus difficiles.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.