Après s'être opposé à l'élite politique puis au gratin d'Hollywood, le président américain Donald Trump s'énerve désormais contre les sportifs. Il les accuse de déshonorer l'Amérique en critiquant la nouvelle administration.

C’est une tradition particulièrement importante pour les sportifs américains. Chaque année, le président des États-Unis reçoit l'équipe qui a remporté le titre dans l'un des grands championnats professionnels nord-américains ainsi que dans les très populaires championnats universitaires. Mais en ce qui concerne le basket, il n’y aura pas cette année de cérémonie.

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Donald Trump a en effet annoncé samedi 23 septembre qu'il n'inviterait pas à la Maison Blanche les Golden States Warriors, champions en titre de la NBA, dont plusieurs joueurs-vedette ont annoncé qu'ils boycotteraient cette visite pour protester contre le président américain.

"Aller à la Maison Blanche est considéré comme un grand honneur pour une équipe du championnat. Stephen Curry hésite, donc l'invitation est retirée", a déclaré le président américain dans un message sur Twitter, à l'intention du meneur-vedette des Golden State Warriors qui avait déclaré la veille qu'il déclinerait une éventuelle invitation du président.               

"C'est évident, on ne va pas se précipiter pour prendre une décision dont il faut mesurer la signification", a-t-il dit sur la chaîne sportive ESPN, alors que la réception n'avait jusqu'ici pas été annoncée officiellement. Son absence serait selon lui "une déclaration" qui "encourage l'unité, nous encourage à mesurer ce que cela signifie d'être Américain et se battre pour quelque chose".

Le soutien de nombreux sportifs

La star des Golden State Warriors a reçu du soutien d’autres grands sportifs. "Aller à la Maison Blanche était un honneur avant que tu y sois", a tweeté à l'adresse de Donald Trump l'autre vedette de la NBA, LeBron James, finaliste cette année avec Cleveland. "Steph: considère cette annulation comme une distinction honorifique", a affirmé le syndicat des joueurs sur son compte Twitter. "Je me demande encore comment ce gars dirige le pays", a ironisé dans un tweet, Draymond Green, un coéquipier de Stephen Curry.

Depuis son sacre en juin, l'équipe d'Oakland est dans une opposition marquée au président Trump. Kevin Durant, autre joueur emblématique, avait annoncé en août qu'il boycotterait aussi la visite. "Je ne respecte pas la personne qui occupe le poste en ce moment, je ne suis pas d'accord avec lui, je vais faire entendre ma voix en ne m'y rendant pas", avait-il expliqué.

Une contestation dans tous les sports

Donald Trump s'en est aussi pris vendredi au Championnat de football américain (NFL), appelant à "virer" les joueurs qui "manquent de respect" au drapeau américain. Il visait, sans le nommer, l'ancien "quarterback" des San Francisco 49ers, Colin Kaepernick. En août 2016, il s'était agenouillé pendant la diffusion de l'hymne américain, pour protester contre plusieurs meurtres de Noirs par des policiers blancs.

"Est-ce que vous n'aimeriez pas voir un de ces propriétaires (d'équipe) de NFL dire, quand quelqu'un manque de respect à notre drapeau, 'sortez-moi ce fils de pute du terrain, il est viré, viré!'", a lancé Donald Trump lors d'un discours vendredi dans l'Alabama.

Le grand patron du Championnat, Roger Goodell, a regretté dans un communiqué les "commentaires clivants" du président qui "montrent malheureusement un manque de respect pour la NFL".

La polémique avait déjà enflé en avril lorsque Donald Trump avait reçu les New England Patriots, vainqueurs du Super Bowl, la finale du Championnat. Le joueur-vedette de l'équipe, le "quarterback" Tom Brady,n'avait pas fait le déplacement à Washington, absent pour "raisons familiales", ni plusieurs autres de ses coéquipiers qui avaient fait état de divergences politiques avec le président.

Samedi soir, la contagion s'est propagée dans l'autre sport majeur des Etats-Unis, le baseball, avec le premier joueur de la ligue professionnelle, Bruce Maxwell des Oakland Athletics, à s'agenouiller durant l'hymne américain.    

- Avec AFP

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