Déjà accusé de fraude aux investisseurs et en attente d'une condamnation, Martin Shkreli n'a pas trouvé mieux que d'inciter à la violence sur la personne d'Hillary Clinton. Des déclarations qui lui ont coûté sa liberté.

"Pharma Bro", comme on surnommait Martin Shkreli, est officiellement devenu "pharma prisonnier". Après avoir été qualifié de "danger pour la société" par un juge le 13 septembre, Martin Shkreli a été placé en détention jusqu'à l'issue de son procès, le 18 janvier 2018.

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"L'homme le plus détesté des États-Unis" (non ce n'est même pas Trump) est actuellement jugé pour fraude aux investisseurs et manipulation d'actions. Reconnu coupable en août dernier pour trois fraudes (et acquitté de 5 autres accusations), il attendait de connaître sa sentence en toute liberté grâce au paiement d'une caution de 5 millions de dollars...

5 000 dollars pour une mèche de cheveux

Suite à son dernier scandale, le juge a révoqué la caution, plaçant le jeune entrepreneur américain en détention. Il était à nouveau présenté au tribunal le 13 septembre pour une publication sur Facebook dans laquelle il encourageait ses abonnés à lui ramener une mèche des cheveux d'Hillary Clinton.

Il promettait 5 000 dollars pour ce trophée volé sur l'ex-candidate à l'élection présidentielle américaine, actuellement en tournée pour la promotion de son nouveau livre.

Le juge de Brooklyn Kiyo Matsumoto a qualifié la publication Facebook d'"incitation à la violence" envers la personne d'Hillary Clinton, désignant Martin Shkreli comme un "danger pour la société".

Le jeune entrepreneur s'était déjà excusé de sa publication et avait envoyé une lettre au juge, appelant son initiative "une étrange tentative d'humour ou de satire".

"L'homme le plus détesté des États-Unis" mérite son titre

Difficile d'y croire, mais cela fait déjà deux ans que Martin Shkreli s'est fait connaître du grand public. Son entreprise pharmaceutique avait, à l'époque, augmenté le prix d'un médicament utilisé par les personnes cancéreuses et malades du SIDA de 13,5 à 750 dollars. Comme de très nombreuses autres personnes, Hillary Clinton – alors en campagne présidentielle – avait critiqué cette décision sur les réseaux sociaux.

En quelques heures, le jeune homme était passé du statut de dirigeant pharmaceutique inconnu à celui de personnalité détestable. Une transition difficile à gérer, si c'est ainsi qu'on peut expliquer la suite.

Car depuis, Martin Shkreli n'en est pas resté là. Propos déplacés et limites sur les réseaux sociaux, l'entrepreneur a vu son compte Twitter suspendu après des montages photo douteux de lui et d'une journaliste américaine. Outre les différents rebondissements de son clash avec le Wu-Tang Clan, Martin Shkreli est rapidement devenu une figure montante de l'alt-right américaine. Le 23 août dernier, on apprenait encore qu'il avait trollé des journalistes avec beaucoup (trop) de sérieux, en achetant des noms de domaine au même nom que ces journalistes et en se moquant d'eux sur ces mêmes sites Web.

En bref, voilà un personnage charmant.

– Adapté par Charlotte Viguié. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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