Les centrales nucléaires de Turkey Point et de St. Lucie, près de Miami, en Floride, ont été conçues pour résister aux ouragans, mais Irma est d'une puissance sans précédent.

La seule chose qui les sépare de l'océan, c'est une mince bande de terre qui ne leur offrira que peu de protection. Les centrales nucléaires de Turkey Point et St. Lucie, respectivement situées au sud et au nord de Miami, vont très certainement être frappées dimanche par Irma, un ouragan de catégorie 5. Turkey Point et St. Lucie ont déjà été frappées par des ouragans dans le passé. Mais celui qui approche pourrait être le plus fort que les deux sites ont jamais connu.

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Ces installations ne sont pas situées là par hasard. Les réacteurs nucléaires ont en effet besoin d'importantes quantités d'eau pour être constamment refroidis. Mais dans cette région du monde ou les tempêtes tropicales sont fréquentes, il y a de temps à autres un énorme ouragan qui pointe son nez.

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Du béton armé et des installations en hauteur

Les réacteurs de la centrale de Turkey Point sont protégés par des murs de 2 mètres d'épaisseur en béton armé, selon le Miami Herald. Et ils sont situés 6 mètres au-dessus du niveau de la mer pour être à l'abri de la houle qui accompagne les ouragans.

Les installations sont dotées de générateurs de remplacement et des pièces de rechange peuvent rapidement être amenées sur site si une réparation est nécessaire. Des responsables de Florida Power & Light, qui gèrent les deux sites, surveillent la trajectoire d'Irma. Un porte-parole a assuré au Herald qu'ils sont prêts à éteindre les réacteurs bien avant l'arrivée de l'ouragan, si cela devient nécessaire.

C'est ce qu'il s'était passé il y a 25 ans, le 24 août 1992, lorsque l'ouragan Andrew, de catégorie 5 a frappé la zone. Les procédures et les épais murs de béton avaient protégé les réacteurs de vents atteignant les 280 km/h. Mais les dégâts sur les installations s'étaient chiffrés à 90 millions de dollars, selon le Herald.

Durant cinq jours, le site avait dû compter sur son alimentation de secours. La sécurité du site avait été compromise, notamment la protection contre les risques d'incendie. Ainsi, les sirènes d'alarmes s'étaient toutes envolées. Pénétrer sur le site était devenu impossible en raison des troncs d'arbres et des poteaux électriques et téléphoniques à terre. Même les équipements prévus pour supporter les ouragans avaient pris un coup.

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La montée des eaux menace

Turkey Point est normalement conçu pour résister aux pires ouragans possibles même s'ils surviennent à marée haute. Mais avec l'élévation du niveau de la mer ces dernières décennies, le site pourrait être mis à plus rude épreuve encore avec Irma que celle déjà subie lors du passage d'Andrew. Le centre national des ouragans prévoit une élévation du niveau de la mer de 3 à 4,5 mètres dans la zone de Turkey Point, pas si loin de la hauteur critique de l'usine.

Le problème avec les scénarios-catastrophes est que le "pire des cas" est envisagé en fonction des données précédemment enregistrées et de ce que l'homme peut imaginer. La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon avait également été construite pour résister à ce que les spécialistes qualifiaient de pire scénarion possible, mais elle n'a pas survécu au tsunami qui l'a frappé en 2011.

Les Américains sont bien mieux renseignés et préparés sur Irma que ne l'étaient les Japonais en 2011. Espérons que cela suffira à faire tenir les centrales nucléaires de Floride.

– Adapté par Steven Jambot. Retrouvez l'article original sur Mashable.

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