Ce n'est pas la première fois qu'un gouvernement africain limite l'accès aux réseaux sociaux lors d'une séquence politique tendue, loin de là.

Depuis le mercredi 6 septembre, l’opposition au gouvernement togolais appelle à manifester, en réaction à un projet de modification constitutionnelle. Une foule de Togolais se sont déplacés dans les rues de la capitale, Lomé, pour protester contre ce projet et le président Faure Gnassibngbé, soupçonné de vouloir se maintenir au pouvoir coûte que coûte.

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Pour enrayer les protestations, il semble que le gouvernement a coupé l’accès à l’Internet mobile et limité les bandes passantes des connexions domestiques. Sur Twitter, plusieurs Togolais ont exprimé leur mécontentement, qui prive les opposants de précieux outils d'information.

#TogoDebout inaccessible pour les citoyens

Koffi Inoussa Ayibo, président de la branche togolaise d’Internet sans Frontières, a confirmé l’information dans un communiqué : "De nombreux utilisateurs ont constaté qu’ils n’arrivaient plus à accéder à Facebook et WhatsApp, deux réseaux sociaux très utilisés au Togo. Nous avons craint que les deux opérateurs que compte le Togo ont restreint l’accès aux réseaux sociaux."

Le communiqué ajoute : "Internet sans frontières condamne avec la plus grande fermeté cette atteinte à la liberté d’expression en ligne des citoyens togolais, et exhorte les autorités togolaises à user des voies conformes au droit International".

Sur Twitter, certains activistes, principalement sous le hashtag #TogoDebout, ont affirmé qu’ils étaient forcé de se rendre à la frontière avec le Ghana pour diffuser leur opinion sur le Web et retrouver l’accès aux réseaux.

La peur de la rue et la peur des réseaux

Ces dernières années, le spectre de l’utilisation des réseaux sociaux durant les révolutions arabes ont effrayé certains dirigeants. La "fermeture" simple et sans sommation de l’accès à Internet est un stratagème utilisé de manière récurrente par plusieurs dirigeants pour essayer d’étouffer des manifestations.

Au Gabon, en septembre 2016, le gouvernement d’Ali Bongo a forcé la coupure d’Internet durant les jours qui ont suivi son élection. Ici aussi, le but était de contenir la ferveur populaire, alors que de violents affrontements émaillés régulièrement les rues de la capitale, Libreville.

Durant le mois de décembre qui a suivi, c’est cette fois le gouvernement de la République démocratique du Congo qui a ordonné aux compagnies de télécom de fermer l’accès aux réseaux sociaux comme Facebook, YouTube, LinkedIn ou WhatsApp, alors que le président Joseph Kabila était supposé quitter son poste et que les manifestations se multipliaient dans le pays.

Le gouvernement avait alors directement envoyé une lettre aux patrons des fournisseurs d’Internet pour leur intimer de fermer les accès. "Nous allons obtempérer à cette demande", avait dit un manager d’un des fournisseurs d’accès à Internet à l’AFP. "Cela fait partie de nos obligations légales".

Au Togo, les manifestations se poursuivent ce jeudi 7 septembre. Sans accès à Internet.

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