Face à la possible abrogation de l'arrêté Daca pour la protection des jeunes immigrés clandestins, le maire de Chicago Rahm Emmanuel veut faire de sa ville un sanctuaire anti-Trump.

Une ombre plante au-dessus de la tête des quelque 800 000 dreamers qui vivent aux États-Unis depuis que Donald Trump a annoncé par la voix de son ministre de la Justice sa décision de mettre fin au Daca (Deferred Action for Childhood Arrivals), le programme de protection des jeunes immigrés sans-papiers de moins de 16 ans, instauré par Barack Obama en 2012.

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Le président Américain laisse six mois au Congrès pour légaliser ce qui n’est qu’un arrêté d’un décret pour le moment, sans quoi il pourrait bien abroger cette décision. Et priver aussitôt 800 000 jeunes d’un permis de séjour et donc d’un travail, potentiellement menacés d’expulsion. Si James Cohen, professeur des universités à Paris et spécialiste de l’immigration aux États-Unis, assure à L’Express "qu’il est peu probable que des expulsions massives aient lieu, les jeunes "rêveurs" n'étant pas une priorité en matière d'expulsion", ceux-là risquent tout du moins d’être largement marginalisés.

Face à ces tristes projections d’avenir, le maire de Chicago Rahm Emmanuel a fait de sa ville une "Trump-free zone". Lors d’un discours devant des bénéficiaires du programme Daca au lycée Solorio de la ville, il a déclaré : "À tous les dreamers qui sont dans cette pièce et dans la ville : vous êtes les bienvenus dans la ville de Chicago. C’est votre maison et vous n’avez rien à craindre."

Un sanctuaire pour les jeunes sans-papiers

"Chicago, nos écoles, nos quartiers, notre ville (…) seront une Trump-free zone. Vous n’avez rien à craindre. Et je veux que vous le sachiez, et que vos familles le sachent. Soyez sûrs que je veux que vous veniez à l’école… et que vous poursuiviez vos rêves", a poursuivi Rahm Emmanuel. Celui qu'on a longtemps surnommé "Rahm-bo" parce qu'il était en faveur de la guerre en Irak est un démocrate et fidèle soutien de Barack Obama. Après son élection présidentielle en 2008, Rahm Emmanuel avait d’ailleurs occupé le poste de directeur de cabinet à la Maison blanche.

Une décision anti-constitutionnelle ?

En réaction à la décision de l’administration Trump sur les dreamers, quinze États américains parmi lesquels le Massachusetts, la Caroline du Nord et l’Oregon, ainsi que la capitale fédérale Washington ont déposé une plainte devant le tribunal fédéral de Brooklyn le 6 septembre. Dans un communiqué, relayé par Le Monde, le ministre de la justice de l’État de New York Eric Schneiderman qui mène la fronde a assuré que la décision de Trump sur la Daca "viole la clause [de la Constitution américaine sur l’égalité de protection pour tous les citoyens, NDLR] car elle est discriminatoire envers les dreamers d’origine mexicaine, qui représentent 78 % des bénéficiaires du programme."

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