Un homme a été condamné à à mois de prison en Chine pour avoir vendu des systèmes permettant de se connecter à Internet via une connexion sécurisée (VPN), outils interdits dans le pays depuis plusieurs mois.

Première victime dans la guerre déclarée par le gouvernement chinois aux VPN : Deng Jiewei, 26 ans et originaire de la région de Guangdong. Le jeune homme vient d'être condamné à 9 mois de prison par la justice chinoise pour avoir vendu des VPN, outils utiles pour qui veut naviguer sur Internet avec une connexion sécurisée. Problème : ces systèmes sont interdits par le gouvernement chinois.

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Deng Jiewei vendait ces outils depuis la fin de l'année 2015 avec un partenaire, activité qui leur avait fait gagner 14 000 yuans (près de 1 800 euros). Il a été arrêté en août 2016 et condamné en mars dernier, mais la décision de justice n'a été publiée sur le site de la cour suprême populaire chinoise que le 3 septembre. Dans cette décision, on peut lire que Deng Jiewei a été condamné pour avoir vendu des logiciels permettant aux utilisateurs "de visiter des sites Web étrangers inaccessibles avec une adresse IP nationale" et "d'envahir et contrôler illégalement le système d'information de l'ordinateur", comme le rapporte le South China Morning Post.

Le VPN, un outil illégal en Chine

Depuis quelques mois, se connecter à l'aide d'un VPN est en effet interdit en Chine. Le gouvernement a lancé en janvier 2017 une campagne de 14 mois contre cet outil, qui permet aux internautes d'accéder à des sites interdits dans le pays comme Facebook, YouTube ou Twitter. De nombreux fournisseurs de VPN ont dû fermer sous peine d'une amende ou de prison pour les individus.

Fin juillet, même Apple a accepté de se soumettre à l'interdiction en retirant de l'App Store chinois une soixantaine d'applis de VPN, décision vivement critiquée tout autour du globe. En août, c'était le tour de cinq sites majeurs chinois, dont le géant de la vente Alibaba, de retirer tous les outils VPN à disposition sur leurs sites. Le tout, malgré la résistance des internautes.

Seules les entreprises nationales sont encore autorisées à s'en servir afin de protéger les ressources en interne.

Un Grand Firewall de plus en plus gênant

Cette croisade contre les VPN vient s'ajouter à de nombreuses autres mesures visant à restreindre les libertés individuelles sur le Web. Le 28 août, le gouvernement a annoncé qu'il ne serait plus possible pour les internautes chinois de commenter ou réagir en ligne de manière anonyme, sans s'être identifié avant auprès de l'hébergeur.

En juillet, des chatbots ayant tenu des propos contraires au Parti communiste chinois ont été désactivés, et en juin le gouvernement a tout bonnement interdit les diffusions en live sur les réseaux sociaux, trop difficiles à contrôler en temps réel. Une série de décisions réunie sous un grand projet, le Grand Firewall de Chine (en comparaison avec la Grande Muraille), le programme de censure et de surveillance d'Internet créé par le gouvernement depuis 1998 et implémenté en 2003.

Sur Weibo, les internautes s'insurgent et s'inquiètent pour leur propre sécurité face à une justice de plus en plus restrictive. "Si vendre un VPN est un crime de "fourniture d'un logiciel permettant d'envahir et contrôler illégalement le système d'information de l'ordinateur'", s'inquiète un utilisateur cité par le South China Morning Post, "alors tous ceux ici qui utilisent un VPN pour échapper au Grand Firewall peut être condamné aussi, n'est-ce pas ?"

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