L’obésité n’est pas qu'un facteur de discrimination. Aux États-Unis, les personnes d'origine asiatique auraient plutôt tendance à en profiter. En surpoids, elles sont davantage considérées comme "américaines" que leurs pairs plus minces.

L’image de l’Américain obèse est loin d’être enterrée. Au-delà des chiffres qui confirment l’aggravation du phénomène d’obésité aux États-Unis où 38 % des adultes sont concernés, les imaginaires collectifs semblent avoir parfaitement intériorisé cette réalité. Au point d’en faire un indicateur d’appartenance à la nation ? Quasiment, affirment des chercheurs de l’université de Washington qui se sont livrés à une passionnante expérience sur un panel de 1 000 étudiants américains.

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Publiée en juillet dernier dans la revue Psychological Science, leur étude entendait déterminer le lien entre apparence physique et nationalité supposée.

Le poids fait l'Américain

Les psychologues ont transmis à ces étudiants volontaires des photos de personnes issues des communautés blanches, latino, noires et asiatiques. Chaque photo était reproduite et retouchée pour faire paraître la personne représentée plus grosse et plus maigre. Après les avoir regardé, les étudiants devaient alors répondre aux questions suivantes : cette personne est-elle plus susceptible d’être née aux États-Unis ou à l’étranger ? Cette personnes est-elle susceptible d’avoir pour langue maternelle l’anglais ?

Conclusion : les Asio-Américains en surpoids étaient davantage considérés comme "américains" que les asio-américains plus minces à qui l’on renvoyait plus souvent l’image de l’étranger ou du sans papier. "Être en surpoids protège les Asio-américains contre les préjugés qui collent habituellement aux étrangers", affirment même les chercheurs.

"Le surpoids protège les Asio-américains des préjugés sur les étrangers"

Étrangement, le facteur du poids n’a pas d’effet similaire chez les blancs et les minorités noires et latino. Leur apparence physique ronde ou mince n’a pas influencé la nationalité imaginée par les étudiants.

L'Asiatique, roi de la minceur en Occident

Alors pourquoi les Asio-américains ? Peut-être parce qu’aux États-Unis et plus largement en Occident, le stéréotype de l’asiatique mince à l’alimentation plus équilibrée, pauvre en graisse animale et moins riche, a encore la vie dure. C'est la représentation uniforme qui colle en effet à tout un continent. Une recherche sur Google le confirme : nombre d’articles de presse et blog vantent les mérites du "skinny asian diet", de "ces aliments minceurs qui nous viennent d’Asie", de la "diet chinoise" ou encore "du régime yin et yang".

Pourtant, si le Japon et la Corée du sud sont effectivement épargnés par l’explosion de l’obésité à travers le monde, c’est loin d’être le cas dans d’autres pays du continent asiatique. 23 % des jeunes chinois de moins de 20 ans sont en surpoids et d’ici 2025, un Thaïlandais sur cinq pourrait être atteint d’obésité, quand en Malaisie, le fléau touche 32 % des hommes.  

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