Des extraits de conversations téléphoniques entre Donald Trump et son homologue mexicain ou le Premier ministre australien, obtenus par le Washington Post, confirment que le président des États-Unis est en roue libre.

Le président américain est soit un poète des temps modernes… soit un homme incapable de s'exprimer sans perdre le fil de ses pensées tous les 10 mots.

Si vous n'arrivez pas à vous décider entre ces deux propositions, voici une série de juteuses citations prononcées par Donald Trump lors de conversations téléphoniques avec le président mexicain Enrique Peña Nieto et le Premier ministre australien Malcolm Turnbull. Des retranscriptions de ces deux appels ont été publiées jeudi 3 août par le Washington Post.

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Tandis que j'écris, mon visage semble paralysé, incapable de décider s'il faut rire à gorge déployée ou sangloter sans retenue. Me voilà donc assis, recopiant stoïquement ces citations que même le Gorafi et autres sites parodiques auraient refusé il y a deux ans parce qu'étant trop tirées par les cheveux, ou trop extrêmes.

(Et pensez avec empathie à la personne qui a dû traduire ces pépites en français.)

Voilà ce qu'a dit Donald Trump alors qu'il conversait avec Malcolm Turnbull :

"Je suis la meilleure personne au monde qui ne veut pas accepter de gens dans le pays."

Les deux dirigeants discutaient alors de l'accord signé entre les deux pays, actant l'envoi de 2 000 réfugiés depuis l'Australie vers le territoire américain.

Cet accord avait été signé avant l'élection de Trump, bien sûr. Et il ne plaît pas trop à Trump.

"Je déteste accueillir ces personnes. Je vous garantis qu'elles sont mauvaises. C'est pour ça qu'elles sont actuellement en prison. Elles ne seront pas des personnes merveilleuses qui vont travailler pour le laitier local."

Pour Trump, les réfugiés arrivant aux États-Unis sont obligaroirement des personnes nazes. Malcolm Turnbull a essayé de le convaincre du contraire, en vain.

"Écoutez, je ne sais pas comment vous avez fait pour leur faire signer un accord pareil [aux démocrates], mais c'est comme ça qu'ils ont perdu l'élection. Ils disaient que je n'arriverais jamais à 270 et j'en ai eu 306."

Le président américain manque rarement une occasion de rappeler combien de collèges électoraux il a rallié à son camp.

Trump : "L'Australie peut-elle me donner une garantie que s'il y a un quelconque problème – vous savez ce qu'ils ont dit sur les auteurs de la bombe à Boston. Ils disaient que c'était des jeunes hommes extraordinaires."

Turnbull : "Ils étaient Russes. Ils ne venaient d'aucun de ces pays."

Trump : "Ils venaient de partout d'où ils venaient."

Y a-t-il une heure décente pour commencer à picoler un jeudi ? Je demande pour un ami.

"J'ai passé ces appels toute la journée et c'est l'appel le moins agréable. Poutine était un appel agréable. Ceci est ridicule."

#AgréablePoutine

Quant à la discussion entre Trump et Peña Nieto, elle n'était pas moins chargée en absurdités :

"… Il parle mieux anglais que moi…"

Trump parlait sûrement du président mexicain, mais cela vaut aussi pour l'interprète et de nombreuses personnes de son entourage. Ou du monde.

"Dans l'Ohio, ils organisent des rassemblements pour Trump en ce moment-même, car Trump a pris une position ferme envers le Mexique."

Quand Trump fait son Alain Delon et parle de lui à la troisième personne.

"La seule chose que je vais vous demander, cela dit, est à propos du mur, car vous et moi avons un problème politique. Mon peuple se lève et dit : 'Le Mexique va payer pour le mur', et votre peuple dit probablement quelque chose de similaire mais dans des termes légèrement différents."

Vous comprenez maintenant pourquoi j'hésite entre le rire et les larmes ?

"… si vous êtes prêt à dire que le Mexique ne paiera pas pour le mur, alors je ne veux plus vous rencontrer car je ne peux pas vivre avec cette décision."

Le chantage affectif by Donald Trump.

"Je veux dire qu'avec vous représentant le Mexique et moi représentant les États-Unis, nous allons avoir un bon accord et nous allons presque devenir les pères de notre pays – presque, pas complètement d'accord ?"

À ce stade, faut-il faire des plaisanteries sur mon alcoolémie ou sur celle de Trump ?

"C'est vous et moi contre le reste du monde, Enrique, ne l'oubliez pas."

Peña Nieto a probablement une vision légèrement différente.

"Je veux que vous deveniez tellement populaire que les gens demanderont un amendement constitutionnel au Mexique pour que vous puissiez vous présentez à nouveau pour six ans."

Acte final : Donald Trump, projetant ses propres espoirs de réélection sur le président mexicain.

– Adapté par Charlotte Viguié. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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