En Corée du Sud, les internautes sont toujours obligés de télécharger des ActiveX, une vieille technologie dépassée, pour effectuer la moindre opération en ligne. Une source de nombreux problèmes auxquels le nouveau président a promis de mettre fin.

ActiveX, c’est le cauchemar des internautes sud-coréens. Il s'agit de logiciels additionnels téléchargeables mis au point par Microsoft en 1996. En Corée du Sud, ils ont été longtemps obligatoires. En effet, pour vérifier l’identité des internautes pour la moindre opération en ligne – achats, formalités administratives ou opérations bancaires –, les sites obligent les utilisateurs à télécharger plusieurs ActiveX.

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Mais ces logiciels sont si mal fichus et si vulnérables au piratage que Microsoft a décidé d’y mettre fin il y a des années. Ce qui n’empêche pas la Corée, pays pourtant considéré comme "le plus connecté au monde", de rester complètement dépendante de cette technologie obsolète.

Une promesse de campagne difficile à tenir

Non seulement les ActiveX sont dangereux et ralentissent considérablement la navigation, mais en plus, ils forcent à utiliser le vieux navigateur Internet Explorer, que même Microsoft cherche à faire disparaître. Nombre de sites coréens ne fonctionnent pas avec les systèmes d'exploitation Linux ou Mac OS.

Toute l’infrastructure de l’industrie financière sud-coréenne dépend de ces logiciels

Le problème est tel que la suppression des ActiveX était une promesse de campagne du nouveau président. À peine élu, Moon Jae-in a tenu à respecter son engagement : les 2 000 sites gouvernementaux qui les utilisent toujours seront modernisés d’ici 2020, a annoncé début juillet son administration.

Le ministère des Sciences a aussi confirmé qu’il allait débarrasser des ActiveX les 100 sites privés les plus populaires d’ici la fin de l’année, et aider les entreprises à mettre à jour leurs sites. Problème : ce n’est pas le premier gouvernement à faire de telles promesses. Beaucoup d’internautes se montrent donc dubitatifs.

Sortir des ActiveX, une onéreuse obligation

Reste à savoir pourquoi il est si difficile de se débarrasser des ActiveX. En fait, toute l’infrastructure de l’industrie financière sud-coréenne dépend de ces logiciels. Aussi, moderniser ces sites coûtera très cher.

De leur côté, les agences publiques affirment qu’elles n’ont pas de solution de remplacement. Mais ce n’est pas vrai : il suffirait de passer au standard HTML 5, qui permet d’assurer la sécurité des transactions en ligne sans télécharger de logiciel additionnel. Sauf que la facture sera élevée.

Les sites choisissent souvent de remplacer les ActiveX par d’autres fichiers téléchargeables, en ".exe". Mais cela ne fait que déplacer le problème. Les internautes coréens n’ont donc pas fini de s’arracher les cheveux.

Article initialement publié sur le site de RFI.

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