En février, Tami Baker avait refusé de louer son logement à Dyne Suh à cause de ses origines astiatiques. Elle devra payer une amende de 5 000 dollars et s'inscrire à des cours sur l'histoire des asiatiques en Amérique.

En raison de son comportement raciste sur la plateforme d’hébergement Airbnb, Tami Baker, une hôte californienne, a été condamnée par la justice américaine. C'est la première fois que des sanctions sont prises face aux discriminations exercées sur l’application, fait savoir le Guardian, jeudi 13 juillet.

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En février dernier, à l’occasion d’un week-end au ski avec des amis, Dyne Suh, une auxiliaire juridique américaine de 26 ans, repère sur Airbnb un charmant chalet idéalement situé près du lac Big Bear en Californie. Mais le petit séjour a presque viré au cauchemar lorsque la réservation a été annulée dix minutes avant l’arrivée des locataires sur les lieux.

La propriétaire, Tami Barker, ne souhaitait finalement pas héberger Dyne Suh au motif qu’elle était d’origine asiatique. Quelques minutes avant l'arrivée de la jeune femme, Tami Baker lui envoie une série de messages explicitement racistes que l’auxiliaire de justice, sous le choc, s’empresse de poster sur son compte Facebook.

"Je ne vous le louerai pas même si vous étiez la dernière personne sur Terre", "Un mot résume tout. Asiatique", ou encore, "C’est pour cela que nous avons Trump, je ne laisserai pas des étrangers dicter à ce pays ce qu’il doit faire", écrit sans vergogne l'ancienne hôte Airbnb.

En larmes, Dyne Suh a réagi dans une vidéo. Celle-ci est devenue à tel point virale aux États-Unis, que le porte-parole d’Airbnb s’était exprimé dans un communiqué pour condamner le comportement "abominable et inacceptable" de l’hôte. Airbnb avait également remboursé Dyne Suh pour son séjour manqué, en plus de lui régler les frais de l’hôtel dans lequel elle avait finalement logé.

Mais Tami Baker, elle, n’a pas seulement été bannie de l’application. Car, suite aux scandales des discriminations à répétition, Airbnb collabore depuis le mois d'avril dernier avec le Department of Fair employment and Housing, une agence de régulation fédérale chargée de veiller au respect des droits des employés et des locataires. Et pas de chance pour Tami Baker, cette collaboration autorise l’agence fédérale à mener ses propres enquêtes sur les modalités et l'égalité d’accès au logement proposés sur la plateforme d’hébergement.

Ainsi, après l’enquête de l’agence fédérale, Tami Baker a été condamnée à payer une amende de 5 000 dollars et à s’inscrire à un cours d'Asian american studies, un champ universitaire d’études ethniques centré sur l’histoire et les trajectoires sociales des Asio-Américains. Mais ce n’est pas tout, l’agence fédérale a aussi exigé de la jeune femme qu’elle présente des excuses personnelles à Dyne Suh et qu’elle rejoigne comme bénévole une organisation de défense des droits civiques. Un cocktail de sanctions subtilement dosé, dont on espère qu’il fera désormais jurisprudence en la matière.    

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