Quatre étudiants chinois ont rejoint dimanche 9 juillet le laboratoire de l’université de Beihang, à Pékin, en Chine, où ils passeront 200 jours isolés pour les besoins du projet "Lunar Palace 365".

L’air un brin apeuré, la main timidement posée sur la vitre qui les sépare des Terriens, les quatre volontaires qui viennent de franchir la porte du Lunar Palace-1 n’auront qu’un hublot pour voir le monde pendant les 200 prochains jours. Les quatre diplômés de l’université de Beihang, à Pékin, en Chine, ont accepté de participer à une mission de simulation de vie sur la Lune, explique Reuters

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Pendant toute la durée de la mission, ils vivront dans leur prison-laboratoire de 160 mètres carrés en autarcie complète. Et oui, ça veut aussi dire qu’ils devront recycler leur caca.

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Les quatre volontaires devant le module de simulation.
Damir Sagolj, Reuters

Lunar Palace-1 : en voilà un qui porte mal son nom

Dans le Lunar Palace-1, les volontaires auront pour mission de cultiver des plantes (dans deux salles dédiées), recycler leur urine en eau potable, vivre avec des ressources limitées et tester leurs limites psychologiques à la vie en confinement, le tout avec un taux d’oxygène restreint et sans lumière directe du soleil. Ah oui et on avait failli oublier : en plus de vivre tous dans une même pièce principale, les participants seront filmés en continu

Après les missions de simulation de la Mars Society dans le désert de l’Utah, et celles de la NASA à Hawaï, la Chine se prête donc également au jeu de "vis ma vie de colon de l’espace". Et ce, sans faire les choses à moitié : la mission de 200 jours est une des plus longues de ce genre jamais effectuée.

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Les volontaires du projet Lunar Palace 365 à l'université de Beihang, à Pékin, le 9 juillet 2017.
Damir Sagolj, Reuters
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Un volontaire inspecte les plantations du laboratoire le 9 juillet 2017, à l'université de Beihang, à Pékin.
Damir Sagolj, Reuters
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Les écrans de surveillance du module de simulation.
Damir Sagolj, Reuters
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Damir Sagolj, Reuters

Il faut dire que si elle veut respecter les délais qu’elle s’est fixés, la Chine doit aller vite. L’Agence spatiale chinoise a promis que le pays enverrait un rover sur la Lune d’ici 2018, et un homme d’ici 2036.

La nouvelle mission dans le Lunar Palace de l’université Beihang est la deuxième de ce genre – la première avait duré 60 jours seulement. Une troisième session de 165 jours aura également lieu – et on espère très fort qu’ils remettront de l’oxygène dans la boîte entre temps.

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