L’Organisation météorologique mondiale a publié mercredi une carte qui indique les changements de températures que certaines grandes villes pourraient enregistrer en 2100. Un outil de plus pour sensibiliser aux conséquences du réchauffement.

Un été à Paris aussi chaud qu’à Fès au Maroc d’ici 2100. Toronto confronté à un climat tropical comme au Belize, quand en Égypte, les températures grimpent aussi haut que celles d’Abu Dhabi, l’endroit connu aujourd’hui pour être le plus chaud de la planète. C’est le scénario qui nous guette si les gaz à effet de serre ne cessent pas d’augmenter.

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Dans une carte interactive publiée mercredi 5 juillet, l'ONG Climate Central et l'Organisation météorologique mondiale font correspondre les villes qui verront leur température s’aligner entre aujourd'hui et 2100 – à cause des émissions de dioxyde de carbone, de l’urbanisation croissante et du développement tentaculaire de l’activité humaine.

Pour chaque ville sélectionnée, les chercheurs ont recherché la température moyenne prédite pour l’été 2100 et l'ont comparée aux moyennes actuelles enregistrées de nos jours. Leur objectif est de montrer concrètement l'impact que le réchauffement climatique aura sur notre vie quotidienne.

Rendre concret les effets du réchauffement

Ainsi, à Tallin en Estonie, l’été ressemblera à celui de Budapest en Hongrie. "Cela donne aux gens une sensation plus poignante des différences que les températures d’été devraient connaître", affirme à Mashable James Bronzan, chercheur et coauteur de l’étude.

Cette carte repose sur deux scénarios de climatologie, l’un intégrant les conséquences espérées de l’accord de Paris sur le climat, l’autre non. Dans le cas où la pollution et les émissions de gaz à effet de serre continueraient leur croissance, sans aucun contrôle, une ville comme New York – qui enregistre actuellement une température moyenne de 27 °C à la saison estivale – connaîtra un été culminant à 34 degrés, semblable à celui du Belize. Même en prenant en compte une faible réduction des émissions, en 2100 à New York, les températures d’été s’élèveraient tout de même à 31 degrés.

L’autre scénario se fonde sur une hypothèse positive selon laquelle les émissions diminueraient de moitié d’ici 2100. C’est, en clair, l’objectif que se sont fixés les gouvernements ayant signé l’accord de Paris. Mais ce n’est pas assez : pour parvenir à contenir le réchauffement climatique à 2 degrés au-dessus des niveaux préindustriels, les émissions devront être réduites encore davantage.

Des tendances plus que des prédictions

Ces deux scénarios induisent chacun une grande incertitude car les modèles climatologiques sont moins précis lorsqu’ils sont restreints à l’échelle d’une ville, explique James Bronzan. Il s’agit donc moins d’une prédiction à prendre à la lettre que d'une indication générale de l’évolution des moyennes de saison.

Aussi, les températures moyennes estimées des villes mentionnées dans l’étude ne reflètent pas les vagues de chaleur ponctuelles de plus en plus fréquentes. Des études ont déjà démontré que le risque de hausse extrême des températures augmentait au fur et à mesure que les océans et sur le terre ferme se réchauffaient.

Cette saison estivale en a déjà été la preuve et les exemples d'épisodes de chaleur n'ont pas manqué. Le 29 juin dernier, le thermomètre a atteint 53,7 °C à Ahvaz, en Iran, un record sur le continent asiatique. Aux États-Unis, une vague de chaleur a frappé six États durant une semaine entière. Les températures étaient tellement élevées qu’à Phoenix et Palm Springs, certains avions se sont retrouvés cloués au sol. Prémices de l’avenir qui attend nos modes de transports…

Un clin d'œil aux villes engagées pour le climat

Reste une interrogation : les personnes les plus touchées par la chaleur vivent dans les zones rurales, alors pourquoi se focaliser seulement sur les villes ? L’Organisation météorologique mondiale avance deux arguments. D’une part, la moitié de la population est concentrée dans des métropoles, et d’autre part, les municipalités des grandes villes sont souvent à l’avant-garde du combat contre le réchauffement.

D'ailleurs à ce titre, remercions malgré tout Donald Trump et son climato-scepticisme légendaire pour avoir inspiré ce projet. James Bronzan reconnaît en effet que cette carte a été pensée comme une réponse au retrait des États-Unis de l’accord de Paris, à l’heure où de nombreux maires et dirigeants d’entreprises ont décidé de mener leurs propres efforts pour produire davantage d’énergies renouvelables et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

"Les villes se sont positionnées en leader sur ces questions, en travaillant à modérer les émissions et en s'adaptant aux problèmes auxquelles elles sont confrontées", affirme James Bronzan. Cette carte sera donc désormais, on l'espère, un outil supplémentaire pour porter leur combat.  

– Adapté par Majda Abdellah. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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