Les États-Unis vont-ils construire la première véritable Étoile Noire, comme dans "Star Wars" ? Peut-être pas encore, mais on n'en est pas si loin.

Vendredi 16 juin, la secrétaire de l’armée de l’air américaine Heather Wilson a créé un nouveau grade à trois étoiles – la deuxième plus haute distinction militaire chez nos voisins outre-Atlantique – pour celui ou celle qui deviendra le premier directeur responsable des opérations spatiales de l'US Air Force.

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Même si le nom de l’heureux élu (ou heureuse élue) n’a pas encore été dévoilé, un communiqué de presse de l’US Air Force explique qu'une toute nouvelle direction uniquement dédiée à la guerre spatiale va être nommée, avec pour objectif d’être opérationnelle pour le mois d’août. "Les États-Unis sont dépendants de l’espace et nos adversaires le savent", explique Heather Wilson dans le communiqué, repéré par Motherboard. "Nous devons nous organiser et entraîner des forces capables de triompher dans n’importe quel type de conflits futurs qui s’étendraient à l’espace."

Dans une vidéo publiée sur le compte Twitter officiel de l'US Air Force, l'armée explique ainsi qu'elle a besoin d'être "plus flexible et efficace" en cas de guerre spatiale et que "si un conflit venait à se déclarer dans l'espace, les États-Unis devront conduire les discussions sur la manière de normaliser l'espace comme un terrain de guerre classique".

Les "Space Aggressors", l'unité de combat spatiale

En 2016, l’US Air Force avait lancé une refonte totale de sa branche spatiale avec la création du National Space Defense Center, le Centre de défense spatiale nationale, qui devrait être totalement opérationnel en 2018. Celui-ci ne possédait pas encore de direction propre, indépendante du reste des forces aériennes américaines. Le nouveau général aura donc un rôle de "défenseur des opérations spatiales", comme le souligne Heather Wilson, et devra gérer les investissements de l’armée en matière de conquête spatiale.

"Si nous ne sommes pas en guerre dans l’espace, je ne pense pas que l’on puisse dire que nous sommes en paix non plus."

De même, l’armée américaine développe actuellement un "Space Warfighting Construct", un centre de construction militaire dédié aux armes spatiales. Comme le rappellait CNN dans un article datant de novembre dernier, le Pentagone craint particulièrement que ses adversaires s'attaquent à ses infrastructures spatiales. Un attaque massive sur les satellites américains couperait l'accès à la télévision, à Internet, aux téléphones portables ou encore aux activités bancaires de l'ensemble du pays.

Une unité de combat spéciale, nommée "Space Aggressors", a même été créée pour entraîner les combattants à un possible conflit dans l'espace. Ils sont chargés de dispenser des cours de guerre spatiale et de préparer les militaires à tous les scénarios envisageables. Ils se mettent dans la peau des agresseurs et entraînent les armées  marines, terrestres et aériennes aux pires éventualités d'attaque spatiale. On ne sait évidemment pas le détail de ces sessions d'entraînement, mais une phrase de Charles Richard, vice-amiral et commandant adjoint du commandement stratégique des États-Unis, résume parfaitement l'état d'esprit américain sur la guerre spatiale : "Si nous ne sommes pas en guerre dans l’espace, je ne pense pas que l’on puisse dire que nous sommes en paix non plus." C'est dit, comme ça.

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