La République en marche, le parti lancé il y a moins d'un an par Emmanuel Macron, a obtenu la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Voici ce qu'il faut retenir de cette soirée électorale.

  • Une faible mobilisation

Les Français ont boudé les urnes dimanche pour le second tour des législatives, marqué par une abstention historiquement élevée qui pourrait atteindre 58 %, selon les estimations fournies par des instituts de sondage. Ce serait 12 à 13 points de plus qu'au second tour des élections législatives de 2012 où elle avait été historiquement élevée à 44,60 %.

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  • Une majorité présidentielle nette, mais pas le tsunami attendu

Emmanuel Macron a obtenu dimanche une des plus larges majorités parlementaires de la Ve République à l'occasion du second tour des élections législatives. Cette majorité est cependant moins écrasante qu'annoncée par certains sondages. Selon les estimations de plusieurs instituts, la République en marche (LREM) et son allié du MoDem s'adjugent autour de 360 sièges, très largement au-delà de la majorité absolue de 289 sièges, mais nettement sous la barre des 400 que laissait augurer le premier tour. Le MoDem de François Bayrou s'adjugerait une quarantaine de ces sièges et devrait donc former un groupe indépendant.

  • Marine Le Pen fait son entrée à l’Assemblée, mais sans groupe FN

Elue dans le Pas-de-Calais, la patronne du FN va faire son entrée à l'Assemblée nationale avec une demi-douzaine de députés frontistes dont cinq dans le seul Nord-Pas-de-Calais. Marine Le Pen a présenté dimanche son parti comme "la seule force de résistance" face à la majorité donnée à Emmanuel Macron. Mais si le FN augmente le nombre de ses députés par rapport à la législature écoulée - Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard n’étaient que deux sur les bancs de l'Assemblée - le parti ne remplit pas son objectif de départ, qui était d'atteindre le seuil de 15 élus requis pour former un groupe.

  • Le député Jean-Luc Mélenchon se pose en chef de file de la "résistance sociale"

Elu pour la première fois à l'Assemblée nationale à Marseille, le leader de la France Insoumise a annoncé que son mouvement devrait disposer d'un groupe d'une vingtaine de députés. Dénonçant la "majorité boursouflée" du parti d'Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon a revendiqué le leadership de la "résistance sociale" aux projets du gouvernement comme, selon lui, "la destruction de tout l'ordre public social par l'abrogation du Code du travail".

  • Les Républicains limitent la casse, le Parti socialiste évite la catastrophe

Dimanche soir, les LR et le PS ont limité les dégâts par rapport à ce qui s’annonçait pour eux à l’issue du premier tour. L'alliance entre Les Républicains (LR) et l'UDI obtiendrait ainsi entre 126 et 131 sièges, dont une centaine de LR, soit au-dessus de la fourchette espérée à droite après le premier tour. Le chef de file François Baroin LR-UDI s’est d’ailleurs félicité de constituer un groupe "suffisamment important pour faire valoir les convictions" de la droite. Quid du Parti socialiste et de ses alliés (PRG inclus) ? La gauche obtiendrait entre 45 et 50 sièges, dont une trentaine pour le PS. Très loin des 284 sièges socialistes de l'Assemblée sortante, mais là aussi moins catastrophique que redouté pour un parti qui craignait même de ne pouvoir constituer un groupe parlementaire (15 personnes minimum). Une "déroute incontestable", a tout de même admis son Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis avant d'annoncer son retrait de la direction du parti, qui obtient deux fois moins de sièges que lors du précédent désastre de 1993 (57 députés PS et apparentés).

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