Le satellite américain prénommé "USA 276", lancé par SpaceX en mai dernier, s’est dangereusement approché de la Station spatiale internationale samedi 3 juin.

D’ordinaire, le voisinage de la Station spatiale internationale est plutôt tranquille. Sauf quand un satellite espion décide d’aller traîner sa féraille dans les parages.

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On ne savait jusqu’ici pas grand-chose du satellite d’espionnage américain lancé par SpaceX le 1er mai dernier depuis le Kennedy Space Center de la NASA, en Floride, aux États-Unis, pour le compte de l’agence de renseignement américaine NRO. Ni orbite final annoncé, ni information sur la mission de "USA 276" dans l’espace.

On sait désormais grâce à un groupe d’observateurs amateurs que le satellite américain s’est approché vraiment, vraiment très près de la Station spatiale internationale le 3 juin dernier. 4,4 kilomètres au-dessus de la station pour Ted Molczan, environ 6,4 kilomètres pour un autre observateur, Marco Langbroek, qui ont tous les deux publié leurs résultats en ligne.

Close-up of rocket stage separation, fast flip, boostback burn in a ring of fire and then landing burn

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Coïncidence ?

Selon un ancien commandant de la Station spatiale internationale interrogé par le site Ars Technica, "c’est très étrange". "Je ne crois pas vraiment aux coïncidences. Mais je ne vois pas vraiment ce qui pourrait valoir un tel rapprochement", a expliqué l’astronaute.

Car si les observations de Ted Molczan et Marco Langbroek sont véridiques, la présence d’un satellite à une distance si proche de la Station spatiale internationale est inédite, et plutôt suspicieuse. Selon Robert Frost, un expert de la NASA, 45 % des satellites opérationnels en orbite sont au moins à 35 000 kilomètres de la Station spatiale internationale, et 5 % à environ 20 000 km de l'ISS. Le reste des satellites se trouvent en orbite terrestre bas, soit à des centaines de kilomètres de l’ancienne maison de Thomas Pesquet.

À moins de cinq kilomètres de l’ISS, le satellite espion est soit une énorme bourde des ingénieurs qui l’ont programmé, soit un plan d’espionnage machiavélique (ou pas) de la station spatiale. L’un dans l’autre, rien de très bon qui vaille.

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