La Fondation Vodafone a dévoilé mercredi son projet "Instant Schools for Africa". Son objectif : faciliter la scolarisation dans les camps de réfugiés et les régions reculées du continent africain en distribuant des outils numériques gratuits.

À 15 ans, Fugia n’est encore qu’une adolescente, mais elle se projette déjà dans l’avenir. La jeune fille veut devenir médecin, et elle compte bien étudier pour faire de son rêve une réalité. Les choses sont pourtant compliquées. Née de parents somaliens, Fugia vit dans le plus grand camp de réfugiés du Kenya à Kakuma, dans le nord du pays.

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Pour aider Fugia et les populations déplacées à accéder à l’éducation, la Fondation Vodafone a dévoilé mercredi un nouveau volet de son projet éducatif en Afrique. Déjà lancé en mai dernier en République démocratique du Congo, au Ghana, au Kenya, au Lesotho, au Mozambique et en Tanzanie, le programme Instant Schools for Africa repose sur la distribution de matériaux éducatifs numériques et de tablettes.

"Que ce soit dans les camps de réfugiés ou les régions d’Afrique isolées, la connexion Internet donne aux enfants l’opportunité d’un avenir meilleur", affirme dans un communiqué Andrew Dunett, directeur de la Fondation Vodafone.

"Internet donne aux enfants l'opportunité d'un avenir meilleur"

"Instant Schools for Africa peut potentiellement transformer la vie de millions d’enfants exclus de l’éducation, en leur donnant accès gratuitement aux mêmes outils utilisés par les enfants dans les pays développés pour les aider à satisfaire leurs ambitions."

Des outils à utiliser avec ou sans réseau

L’initiative a été menée en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Les outils ont été développés par Learning Equality, une ONG spécialisée dans les technologies éducatives open source. Pour généraliser leur utilisation, chaque outil peut être utilisé sans facturation des données mobiles. Les vidéos et les pages Web sont optimisées pour pouvoir être consultées en dépit des connexions lentes, et tout est disponible en offline, sans réseau.  

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Fondation Vodafone

La Fondation Vodafone avait déjà travaillé avec l’ONU pour distribuer tablettes et ressources scolaires dans les camps de réfugiés du continent africain. 43 000 enfants en bénéficient chaque mois d’après la Fondation, qui entend cibler 5 millions d’enfants d’ici 2025.

L'école dans les camps de réfugiés

Aujourd’hui, sur les plus de 6 millions de réfugiés en âge d’être scolarisés à travers le monde, 3,7 millions ne le sont pas encore. L’Afrique sub-saharienne enregistre le taux de scolarisation au primaire le plus faible du monde et concentre 34 des 57 millions d'enfants non scolarisés. Une situation qui s’explique par des normes culturelles mais aussi par un contexte géographique, la plupart des régions concernées étant isolées.

"Notre communauté ne défend pas la scolarisation des filles", affirme Fugia. D’après elle, les jeunes filles qui vont à l’école sont taxées de "prostituées".

Les jeunes filles qui vont à l’école sont taxées de "prostituées"

Dans les autres vidéos de promotion du programme témoignent également d’autres réfugiés du camp de Kakuma. Jediva, 16 ans, a été enlevée par un homme au Soudan du Sud et s’est enfuie. Sasha, 17 ans, a préféré échapper à un mariage arrangé pour poursuivre ses études. David, 21 ans, originaire du Soudan du Sud, a obtenu un diplôme universitaire en étudiant exclusivement en ligne.

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Fondation Vodafone

"C’est une opportunité vraiment rare pour plein de gens, encore plus pour nous, ici au camp", explique Fugia. "C’est un droit. C’est comme de l’oxygène pour nous. Une personne ne peut jamais vivre sans oxygène."

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Si Fugia veut devenir médecin, c’est parce qu’elle souffre de troubles cardiaques. Dans ses études, elle peut compter sur le soutien de sa mère. "Peut-être qu’un jour tu pourras te guérir toi-même et guérir les autres", l'encourage-t-elle.

En attendant, Fugia partage une certitude avec les filles qu’elle côtoie au camp : "Il n’y a que l’éducation pour nous sortir du noir".

– Adapté par Majda Abdellah. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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