Le brise-glace de l’expédition canadienne BaySys a dû stopper sa route avant que les scientifiques à son bord ne puissent entamer leurs recherches dans l’océan glacial Arctique. Le coupable : le changement climatique.

Parfois, il est déjà trop tard. Au Canada, le réchauffement climatique a été plus rapide que les hommes. Une équipe de 40 scientifiques embarquée sur le bateau de recherche Amundsen le 25 mai au départ de Quebec City a dû interrompre sa mission dans la partie sud de l’océan glacial Arctique.

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La glace épaisse de l’Arctique, normalement située bien plus en amont dans le pôle, a dérivé dans le sud de la zone, forçant le brise-glace à sauver en urgence des bateaux voisins pris par les glaces. "Le devoir de sauver a primé sur le devoir pour la science", a expliqué le chef de l’expédition, David Barber, à CBC News. "Les appels à l’aide n’arrêtaient pas."

Des mouvements de glace jamais vus

Le mouvement de la glace du nord au sud, "du jamais vu" pour les garde-côtes canadiens, serait une conséquence directe du changement climatique. L’équipe de l’expédition BaySys devait justement récolter des données sur la physique de la glace, de l’océan et de l’atmosphère dans la zone pour les comparer avec des précédents résultats. Mais pas de bol, le changement climatique a pris les devants.

"Les changements liés au climat dans l’océan glacial Arctique ne réduisent pas seulement son étendu et son épaisseur, mais augmentent aussi sa mobilité ce qui veut dire que les conditions de navigation dans la glace sont amenées à devenir de plus en plus variables et difficiles, comme celles qui ont lieu en ce moment", explique David Barber au journal ScienceDaily.

Le chef de l’expédition affirme qu’une nouvelle expédition aura bien lieu le 6 juillet prochain. La course contre la montre est lancée, mais David Barber est catégorique : "Le changement climatique n’arrivera pas dans le futur, il est déjà là."

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