Donald Trump a expliqué lors d'un appel téléphonique au maire de Tangier, une petite île menacée par la montée des eaux, que sa ville n’avait rien à craindre du réchauffement climatique.

La montée des eaux causée par le réchauffement climatique menace l’existence de la petite communauté de l’île de Tangier, dans la baie de Chesapeake, en Virginie, aux États-Unis.

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Un reportage de la chaîne américaine CNN sur la ville a encouragé Donald Trump à appeler le maire de la ville, James "Ooker" Eskridge, lundi 12 juin, pour lui assurer que sa commune ne coulera pas d’ici le milieu du siècle, en dépit de ce que les scientifiques prédisent.

Une ville submergée mais convaincue par Trump

"Il a expliqué que nous ne devrions pas nous inquiéter de la montée des eaux", a expliqué le maire de la ville au Washington Post. "Il a dit que notre île est là depuis des centaines d’années, et qu’elle y resterait pendant encore des centaines d’autres."

James Eskridge, lui-même, est plutôt d’accord avec le président, a-t-il précisé au journal américain. "Comme le président, je ne suis pas inquiet de la montée des eaux", a expliqué le maire. "Je suis sur l’eau tous les jours, et je ne vois rien". Pour lui, les problèmes d’inondations de sa ville sont dus à l’érosion, même si l’érosion elle-même, est bien une des conséquences de la montée des eaux.

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Le maire de la ville de Tangier sur son bateau.
AP, REX, SHUTTERSTOCK

Et si l’île est bien en train de sombrer dans la mer, avec des inondations de plus en plus fréquentes, ses résidents restent de fervents supporters du président américain. Selon le Washington Post, Donald Trump a reçu 87 % des suffrages des habitants de l’île à la dernière élection présidentielle.

Le maire ne le voit peut-être pas, mais la montée des océans est due au réchauffement des eaux et à la fonte des glaciers causés, en grande partie, par les émissions humaines de gaz à effet de serre. La nature, elle, n’en a malheureusement rien à faire qu’on croit ou non au phénomène pour agir.

L’île de Tangier en sursis

Selon l'ONG américaine Climate Central, le niveau de la mer est monté de plus de 22 centimètres durant les 34 dernières années. Les scientifiques de l’organisation prévoient un scénario moyen dans lequel l’augmentation serait de 1 m 50 d’ici 2100. La montée des eaux de la mer augmentant le niveau dont partent vagues et tempêtes, les inondations sur le littoral sont plus sévères et fréquentes.

Les conséquences des inondations à Tangier devraient exploser pendant les prochaines décennies. La plus grande inondation à Tangier remonte à 2006, avec une montée des eaux de 1 m 21, rapporte Climate Central. Et entre aujourd’hui et 2030, le pourcentage de risque d’inondation de plus de 1 m 50 va augmenter de 35 %, et de 100 % d’ici 2100, prévoit l’organisation.

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Une carte de l'île de Tangier avec une simulation d'une montée des eaux de 13 cm.
CLIMATE CENTRAL

Une étude datée de 2015 projette même que l'île de Tangier pourrait être complètement submergée si le niveau de la mer continuait à augmenter dans le prochain siècle. L’île de Tangier, qui est la seule des îles peuplées de l’archipel, pourrait même devoir être évacuée dès le milieu du siècle. L’étude, publiée dans le journal scientifique Nature Scientific Reports, rapporte que depuis 1850, la combinaison de l’effondrement des terres et de la montée des eaux a causé la perte de 67 % des territoires de l’île.

Donald Trump, toujours tête baissée sur le climat

Le maire de Tangier espère que Donald Trump encouragera la construction d’une digue ou d’une infrastructure pour mieux protéger la ville des inondations pendant les tempêtes. Et pourtant, même si une digue voit le jour, les politiques environnementales de Donald Trump pourraient bien achever de sceller le sort de Tangier, sous les vagues. Le 1er juin dernier, le président américain a annoncé le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, dans lequel quasiment tous les pays du monde se sont engagés à endiguer le réchauffement climatique.

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L’administration Trump a aussi fait marche arrière sur de nombreuses mesures visant à réduire les émissions de dioxyde de carbone et de méthane, deux des principaux gaz responsables du réchauffement climatique. L’agence de protection de l’environnement américaine a mis un point final à son plan concernant les énergies renouvelables, qui devait normalement permettre de réduire les émissions de dioxyde de carbone issues des centrales thermiques au charbon.

– Adapté par Chloé Rochereuil. Retrouvez la version originale sur Mashable

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