Le projet, lancé en 2015, devrait s’étaler sur 10 ans et permettre d’identifier les gènes des vaches qui émettent le moins de gaz de méthane, responsables du réchauffement climatique.

Selon l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, les animaux de la ferme sont responsables de 9,5 % des émissions de gaz à effet de serre rejetées dans l’atmosphère chaque année.

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Les gaz émis par les pets des vaches, chargés en méthane, renferment 30 fois plus de chaleur par molécule que le dioxyde de carbone. Bref, il faut agir rapidement si on veut éviter à nos enfants d’acheter leur bout de camembert au marché noir.

Heureusement pour nos apéros du futur, des chercheurs canadiens entendent résoudre le problème grâce à la génétique. Le projet, mené par Filippo Miglior de l’université de Guelph, et Paul Stothard de l'université d'Alberta, a été lancé en 2015 dans le cadre de l’initiative Genome Canada, une agence de financement de projets de recherche en génomique à but non lucratif. L’objectif est plutôt simple : identifier les vaches qui pètent le moins (et donc qui émettent le moins de méthane) et utiliser leurs gènes pour créer une super-vache "propre".  

Des super-vaches sans gaz

Sur les 10 000 vaches participantes au projet, les chercheurs affirment à The Wired avoir déjà identifié 80 gènes favorables, qui réduiraient à la fois la quantité de gaz émise par les vaches, mais aussi les besoins en nourriture, et avec eux les déjections de nos chères amies laitières. Dans leur tâche méticuleuse, les chercheurs canadiens sont épaulés par plusieurs laboratoires répartis aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Danemark, en Australie et en Suisse. "L’empreinte environnementale de l’industrie laitière sera réduite, en particulier grâce à des émissions de méthane plus faibles, mais aussi grâce à une alimentation plus efficace qui génèrera moins de déjections", peut-on lire dans la description du projet.

Depuis le premier séquençage du génome d’une vache, officiellement publié en 2009, les tentatives pour rendre nos fournisseuses officielles de lait plus performantes se multiplient. En 2011, des chercheurs argentins étaient parvenus à greffer des gènes humains à une vache pour lui faire produire du lait maternel. Qui sait, à ce rythme-là on pourra peut-être élever nos enfants avec du camembert au lait maternel.

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