Avec les élections législatives, Ma voix entend (re)mettre la société civile au cœur de la vie politique. Sans leader et sans programme, ce mouvement citoyen est moins un parti qu'une façon de faire.

"Comme énormément de Français nous aimons la politique, nous aimons débattre, nous aimons participer, nous voulons faire quelque chose qui nous dépasse. Pourtant nous sommes de ceux qui n’arrivent plus à aller voter la tête haute", peut-on lire dans le texte de présentation du mouvement Ma voix, né en septembre 2015 et affilié à aucun parti politique.

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Pour s'adresser aux citoyens qui ne votent plus, votent blanc ou votent par défaut, la formation politique sans leader et sans programme propose une nouvelle façon de faire : chaque décision est soumise à un vote en ligne ; lorsqu'une loi remporte les faveurs des citoyens, le ou la député(e) votera pour ; sinon, il ou elle votera contre. Finalement, comme le laisse entendre la très originale affiche, la personne élue, c'est vous.

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La traditionnelle photo de candidat est en effet ici remplacée par un miroir vous renvoyant votre propre reflet. Le slogan politique, lui, devient une simple interrogation : "Qui me représente le mieux ?" Présent dans un total de 43 circonscriptions, le mouvement présente 86 candidats issus de la société civile. 

Organisation horizontale et démocratie directe

"Tous pourris" ? Cette idée-là revient souvent, chez ceux que la politique déçoit. Promesses non-tenues, renvois d'ascenseurs, ivresse du pouvoir... Est-ce l'envie de conserver ses privilèges et d'asseoir son emprise qui pousse la classe dirigeante à adopter des comportements crapuleux ? "Tout pouvoir est une conspiration permanente", disait Honoré de Balzac. "La possession du pouvoir corrompt inévitablement la raison", pensait également savoir Emmanuel Kant.

Alors, que se passerait-il si l'on décidait de dé-personnifier le pouvoir ? Au lieu d'offrir son soutien et de s'en remettre à un député pour 5 ans, les électeurs de Ma voix veulent porter au pouvoir un représentant, c'est-à-dire non pas une personnalité choisie pour son programme, mais un simple messager qui aurait régulièrement à rendre des comptes. L'expérience de la démocratie directe, en somme. Cette organisation horizontale, on la retrouve même dans le mouvement lorsque l'on cherche simplement à en contacter un membre :

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Finalement, Ma voix a le mérite d'être une expérience démocratique digne de remettre au centre de l'action ce qui fait historiquement la vie de la cité : l'avis de ceux qui la composent. Surtout, il pose des questions saines au débat : sommes-nous si certains que pour gouverner, il faut avoir faire un cursus de sciences politiques suivi de l'ENA ?

– Pour en savoir plus sur Ma voix, rendez-vous sur le site du mouvement.

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