Des hackers russes ont attaqué les systèmes électoraux américains en intelligence avec Moscou, selon des documents de la NSA obtenus par The Intercept. La source du média, une femme de 25 ans, a déjà été arrêtée par l’agence de renseignement.

L’affaire de l’ingérence de la Russie dans les élections américaines de 2016 risque de prendre un nouveau tournant. The Intercept, journal d’investigation en ligne, s’est procuré des documents top secret de la NSA et affirme que des pirates informatiques étroitement liés à l’agence de renseignement militaire russe (GRU) ont tenté à différentes reprises de s’introduire dans les systèmes électoraux américains, selon une enquête publiée lundi 5 juin.

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Les documents, qui détaillent une série d'attaques ayant eu lieu entre août et septembre sur une entreprise privée offrant des services d’inscriptions électorales et sur des organisations gouvernementales locales, ont permis aux pirates d'accéder et "de conserver l’accès à des éléments de plusieurs conseils électoraux", affirme la NSA. Comment ces informations se sont-elles retrouvées entre les mains des journalistes de The Intercept, média fondé par Glen Greenwald, le journaliste ayant révélé les documents Snowden en 2013 ?

Une jeune femme de 25 ans, nommée Reality Leigh Winner, employée par un sous-traitant de la NSA, serait à l'origine de la fuite. Elle a été arrêtée par le FBI quelques heures après la publication de l'enquête et mise en détention.

Des échanges très surveillés

Selon l’affidavit – la déclaration sous serment – réalisé par le magistrat en charge de l'affaire après l’arrestation, le FBI s’est rendu compte que les documents de la NSA avaient été "pliés et froissés" et que, par conséquent, ils avaient étaient transportés à la main depuis des locaux de l’agence nationale jusqu’aux journalistes de The Intercept.

Il n’en fallait pas plus que pour que la NSA "détermine qui a eu accès aux rapports de renseignement depuis leur publication" et, in fine, dresse une liste de six suspects potentiels ayant imprimé les documents. Reality Leigh Winner était la seule de ces suspects à avoir envoyé un mail à The Intercept. Dès lors, l'affaire était scellée.

The Intercept, qui affirme dans une page dédiée "accueillir les lanceurs d'alerte", a sans doute manqué de tact et de discrétion dans ses échanges avec Reality Leigh Winner. "Que vous travailliez pour le gouvernement ou dans le secteur privé, si vous avez connaissance d'attitudes que vous pensez contraires à l'éthique, illégales ou dangereuses pour l'intérêt public, pensez à nous transmettre vos informations de manière sécurisée", affirme le site. Sous la section "Que faire pour rester anonyme", il est marqué : "Ne nous contactez pas depuis votre travail". Loupé.

Une nouvelle "lanceuse d'alerte" ?

Reality Leigh Winner risque dix ans de prison, selon CNN. Cette native du Texas travaillait au sein de la Air Force en tant que linguiste avant de signer un contrat avec Pluribus International Corporation, une entreprise de défense et de renseignement semi privée collaborant avec la NSA. Depuis le 13 février dernier, elle était détachée au sein des locaux de la NSA dans l'État de Géorgie et possédait des autorisations top secrètes.

Elle était relativement active sur les réseaux sociaux où elle partageait notamment ses opinions politiques, engagées contre Donald Trump ou le Dakota Access Pipeline. Sur Twitter, elle ne suit qu'une cinquantaine de comptes, dont Edward Snowden, WikiLeaks ou Julian Assange.

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Capture d'écran/Mashable

The Intercept n'a pas encore réagit à l'arrestation de sa source. Sur Twitter, Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, a affirmé son soutien à la nouvelle "lanceuse d'alerte".

– Retrouvez aussi l'article de Sasha Lekach sur Mashable.

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