Donald Trump a annoncé jeudi soir que les États-Unis se retiraient de l'accord de Paris sur le climat. Cette décision historique fait entrer le pays dans le club restreint des pays à l'avoir rejeté, avec le Nicaragua et la Syrie.

Le président Trump a annoncé, comme on s'y attendait, que les États-Unis se retiraient de l'accord de Paris sur le changement climatique. La première puissance mondiale se retrouve ainsi dans un regroupement de nations assez bizarroïde.

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Seuls deux autres pays ont rejeté l'accord de Paris : le Nicaragua et la Syrie. Le premier a refusé de signer l'accord car ses représentants considéraient qu'il n'allait pas assez loin dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cela laisse donc les États-Unis dans la même catégorie des "non-concernés par le changement climatique" que la Syrie, un pays en plein milieu d'une sanglante guerre civile et au cœur d'une lutte d'influence internationale.

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Cette étrange alliance montre déjà à quel point cet accord volontaire fait consensus dans le monde, à quel point ceux qui y sont opposés sont peu, et seuls. Tous les pays l'ont signé, même la Corée du Nord et la Russie (cette dernière doit encore le ratifier).

Mauvais élève de l'écologie

L'accord, signé en décembre 2015 suite à la COP21 et entré en vigueur en novembre 2016, engage les États à limiter le réchauffement climatique à moins de 2° C au-dessus des niveaux antérieurs à la révolution industrielle. Toujours en 2016, la Terre a vécu son année la plus chaude depuis 1880, battant les records précédents de 2014 et 2015.

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Les niveaux de dioxyde de carbone dans l'air en 2017, comparé aux 800 000 dernières années.
SCRIPPS INSTITUTION OF OCEANOGRAPHY

Avec ce retrait américain, les acteurs-clés pour faire avancer la lutte contre le changement climatique sont désormais l'Europe, la Chine et l'Inde. La Chine est d'ailleurs sur le point de devenir une puissance mondiale des énergies renouvelables, et l'Union européenne parle déjà d'une alliance avec l'Empire du milieu pour faire avancer les négociations climatiques sans les États-Unis.

En rejetant cet accord historique engageant les États à un réel effort en faveur de l'environnement, les États-Unis passent, en matière de changement climatique, du statut de leader à celui de cancre absolu.

Et si la Chine est le premier pays émetteur de gaz à effet de serre, les États-Unis sont juste derrière, en 2e place. Ils détiennent d'ailleurs la palme des émissions record de gaz depuis le début de la révolution industrielle.

En d'autres mots, le retrait américain obligera à un constat simple et triste : c'est le pays le plus responsable du réchauffement climatique actuel qui en fera le moins pour régler cet inquiétant problème.

– Adapté par Charlotte Viguié. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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