Même si l’administration Trump décide de quitter l’accord de Paris sur le climat, tout n’est pas perdu pour l’écologie américaine. Les villes, les entreprises et les États ne suivront pas forcément les choix de Washington.

Des maires et des gouverneurs de l'ensemble des États-Unis ont fait savoir leur soutien à l’accord historique de Paris, ratifié par 147 pays en 2016. Les villes et les États ont leurs propres ambitions en matière de développement des énergies durables et de réduction des émissions de CO2. Et beaucoup de dirigeants américains n’ont pas l’intention de faire marche arrière, peu importe ce que décide Donald Trump.

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"L’engagement local pour lutter contre le changement climatique est plus fort que jamais", écrivaient déjà 70 maires et membres de conseils municipaux dans une lettre ouverte à Donald Trump publiée en mars dernier. "En tant qu’élus proches et directement responsables vis-à-vis des Américains, nous ne pouvons laisser nos communes faire marche arrière et rompre les engagements pris sur le changement climatique."

Que les Américains "prennent les choses en main"

Mercredi 31 mai, après la publication de nombreux articles sur le choix de l’administration Trump de rompre les engagements pris en 2015 à Paris, plusieurs dirigeants locaux ont décidé d'exprimer leur désaccord.

Le maire de New York, Bill de Blasio, a affirmé qu’il allait signer un décret engageant sa ville dans les résolutions prises par l’accord de Paris. Il souhaite que les New-Yorkais "prennent les choses en main" et a affirmé que le réchauffement climatique était "une dague plantée dans le cœur de la ville de New York".

Lors de la COP 21 en 2015, la communauté internationale s’est engagée à limiter la hausse des températures "bien en deçà de 2°C" et à "poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5°C" par rapport au niveau antérieur à la révolution industrielle.

Au niveau local, ces dernières années, plus de 400 villes américaines ont fait la promesse de réduire leurs émissions de CO2 et de préparer les infrastructures nécessaires pour adapter les villes au réchauffement climatique. Trente de ces villes se sont même engagées, notamment Atlanta récemment, à transitionner vers 100 % d’énergies renouvelables dans les décennies à venir.

Des universités et des entreprises privées ont fait des promesses similaires. Plus tôt ce mois-ci, les plus grandes entreprises américaines comme Apple, Google, Tesla, General Electric ou Coca Cola ont signé une lettre commune demandant à Donald Trump de ne pas retirer les États-Unis de l’accord de Paris.  

"Nous sommes engagés à travailler avec vous [Donald Trump] pour créer des emplois et booster la compétitivité des États-Unis, et nous croyons que cela peut être fait tout en restant dans l’accord de Paris", affirment les responsables de ces entreprises dans la lettre ouverte, publiée notamment dans le Wall Street Journal et le New York Times.

Résister face aux choix de la Maison Blanche

Ces efforts individuels sont louables et auront un impact à long terme sur le climat. Toutefois, il n’est pas certain qu’ils soient suffisants pour que le pays respecte les promesses faites à Paris.

Durant la présidence Obama, les États-Unis se sont en effet engagés à réduire ses émissions de CO2 de 26 % à 28 % avant 2025, comparés au niveau de 2005. Pour réussir, des experts affirment que le pays doit être plus rigoureux en matière d’utilisation du charbon, du pétrole ou des gaz naturels et les remplacer peu à peu par l’électricité ou les énergies renouvelables.

Mais l’administration Trump va dans le sens inverse. Ces dernières semaines, la Maison Blanche a notamment approuvé plusieurs décrets visant à supprimer partiellement les obligations des entreprises en matière de respect de l’environnement, sous le prétexte de faire passer l’emploi avant l’écologie. Sortir de l’accord de Paris serait comme annuler soudainement les efforts réalisés ces dernières années.

Malgré tout, les efforts des villes, des États et des entreprises pour continuer à combattre le changement climatique est sans doute la meilleure chose à faire pour maintenir la lutte vis-à-vis des choix de Trump en matière d’écologie. "Notre résistance est durable et nous servirons de contrepoids à la politique dangereuse de Trump tout au long des années à venir", a affirmé Michael Brune, directeur exécutif de l’association américaine écologiste Sierra Club dans un communiqué publié mercredi 31 mai.

Avec ou sans Trump, les États-Unis n’abandonneront pas la lutte contre le réchauffement climatique.

Adapté par Benjamin Bruel. Retrouvez l'article original sur Mashable.

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