Alors qu'il recevait Vladimir Poutine au château de Versailles, Emmanuel Macron n'a pas mâché ses mots contre RT (auparavant Russia Today) et Sputnik qu'il accuse d'avoir propagé des "contrevérités infamantes" sur sa personne durant la campagne.

La visite de Vladimir Poutine à Versailles, lundi 29 mai, était attendue. Samedi, en clôture du G7, Emmanuel Macron avait promis qu'il aurait un "discours exigeant" et "sans aucune concession" avec son homologue russe, tout en adoptant la politique de la main tendue.

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La conférence de presse conjointe qui a suivi la séance de travail entre les deux hommes a donné lieu à des échanges avec les journalistes sur les relations franco-russes, l'Ukraine ou encore la Syrie.

Emmanuel Macron a également répondu à une journaliste de RT qui lui racontait sa difficulté à avoir accès au QG de campagne du candidat d'En Marche ! durant la présidentielle.

La réponse du président français a été sèche : "J’ai toujours eu une relation exemplaire avec les journalistes étrangers encore faut-il qu’ils soient journalistes. Russia Today et Sputnik ont été des organes d’influence qui ont répandu des contrevérités infamantes sur ma personne et donc sur cela je ne cèderai rien." À côté de lui, Vladimir Poutine est resté impassible malgré une tension palpable.

"Quand des organes de presse répandent des contrevérités infamantes, ce ne sont plus des journalistes, ce sont des organes d'influence", a poursuivi le chef de l’État. "Russia Today et Sputnik ont été des organes d’influence durant cette campagne qui, à plusieurs reprises, ont produit des contrevérités sur ma personne et ma campagne, et j’ai considéré qu’ils n’avaient pas leur place, je vous le confirme, à mon quartier général."

Et d’ajouter, cinglant : "La totalité des journalistes étrangers, y compris russes, professionnels, ont eu accès à ma campagne, c’est simple, les règles sont ainsi et ce seront toujours les mêmes, et c’est en cela qu'il était grave que des organes de presse étrangers sous quelque influence que ce soit, je ne le sais, aient interféré en répandant des contrevérités graves dans le cadre d’une campagne démocratique. Et à cela, je ne céderai rien."

Voilà la vidéo :

Moscou défend ses médias internationaux

"Nous ne sommes pas d'accord avec cette position", a sobrement répliqué de son côté le porte-parole du président russe Dmitri Peskov, cité par Sputnik. De son côté, RT a répondu, dans un article publié dans la soirée sur son site, qu'"en qualifiant de fausses des nouvelles avec lesquelles il n'est pas d'accord, le président Macron crée un précédent qui menace à la fois la liberté de parole et du journalisme en général".

Apparus en 2015 dans le paysage médiatique français sous la forme, comme dans plusieurs autres pays, de sites multimédia, RT (auparavant Russia Today) et Sputnik ont la même rédaction en chef à Moscou et font tous deux partie de l’agence gouvernementale russe : Rossia Segodnia ("Russie d'aujourd'hui".)

"Le Kremlin y attache une grande importance diplomatique et stratégique au même titre que les entreprises de l’armement ou de l’énergie", expliquait récemment à France 24 Julien Nocetti, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri) et spécialiste de la Russie. 

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