Donald Trump a sèchement contesté jeudi toute interférence dans l'enquête du FBI sur les liens éventuels entre des membres de son équipe et Moscou, se posant en victime d'un acharnement.

Dans la tourmente, le président américain Donald Trump a estimé, jeudi 18 mai, que la nomination d'un procureur spécial dans l'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle, annoncée la veille, "divise le pays".

VOIR AUSSI : Un procureur spécial nommé pour enquêter sur les liens entre Trump et la Russie

"Je respecte l'initiative, mais toute cette histoire est une chasse aux sorcières et il n'y a aucune collusion à coup sûr entre ma campagne et moi-même - mais je peux toujours parler pour moi - et les Russes, zéro", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse commune avec le président colombien Juan Manuel Santos à la Maison Blanche. "Je pense que cela divise le pays", a-t-il poursuivi.

À la veille de son départ pour son premier voyage à l'étranger, qui le mènera au Proche-Orient et en Europe, le président des États-Unis est dans une position très inconfortable. Les révélations se sont en effet enchainées depuis l'éviction brutale du patron du FBI James Comey par le locataire de la Maison Blanche.

Selon le New York Times, Donald Trump aurait fait pression sur ce dernier pour qu'il classe le volet de l'enquête concernant Michael Flynn, son éphémère conseiller à la sécurité nationale soupçonné de jeux troubles avec les Russes. James Comey aurait refusé, mais consigné cette conversation dans des notes qui ont commencé à fuiter dans la presse.

Dernière révélation en date, toujours selon le New York Times, Michael Flynn avait prévenu l'équipe du président élu qu'il faisait l'objet d'une enquête fédérale mais cela n'a pas empêché sa nomination.

"Question suivante ?"

"Avez-vous, à un moment ou un autre, demandé au directeur du FBI James Comey, d'une manière ou d'une autre, de clore ou ralentir une enquête concernant Michael Flynn et...?", a demandé un journaliste à Donald Trump jeudi.

"Non, non. Question suivante ?", a interrompu le président, visage fermé.

Le numéro deux du ministère de la Justice, Rod Rosenstein, qui a annoncé la nomination de Robert Mueller, directeur du FBI de 2001 à 2013 au poste de procureur spécial, a répondu jeudi aux questions pressantes des sénateurs.

>> À voir sur France 24 : "Mueller sera beaucoup plus indépendant qu'un procureur normal ou que le patron du FBI"

"Il a dit qu'il voulait être certain que l'intégrité du département de la Justice soit protégée, et que les Américains sachent que cela sera géré avec équité", a rapporté le sénateur Dick Durbin à l'issue de cette réunion qui s'est tenue à huis clos dans une salle sécurisée du Capitole.

Le haut responsable s’est cependant refusé à commenter le fond de l'enquête, qui est désormais entre les mains de Robert Mueller.

Robert Mueller est chargé d'enquêter sur "tout lien et/ou coordination entre le gouvernement russe et des individus associés à la campagne du président Donald Trump", mais aussi "tout sujet" découlant de ces investigations.

– Avec AFP

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.